Entretien avec… Alex Benvenuto

Nous sommes allés à la rencontre d’un personnage atypique et multiple qui se meut dans la culture niçoise comme un poisson dans l’eau…

 

Alex Benvenuto est un personnage assez particulier qui a de multiples facettes. Cet homme qui est issu du peuple de Nice nous le retrouvons, en plus de son action pour la culture niçoise,  dans des domaines aussi divers que l’Université, l’Economie, la Cuisine et la Musique *. Comment ne pas être décontenancé par tout cela ? C’est pourquoi nous sommes allé à sa rencontre.

Alex Benvenuto

 

Robert Marie MERCIER:  Alex Benvenuto, bonjour, nous avons tenu à vous rencontrer pour que vous nous aidiez à nous y retrouver dans les arcanes de vos diverses activités.

Alex BENVENUTO: Bonjour, je suis très heureux de pouvoir m’exprimer dans votre site mais avant tout d’avoir une conversation avec vous puisque nous sommes aperçu que nous partagions beaucoup de choses.

RMM: C’est vrai . Nous en avions discuté lors de ma venue à votre Conférence sur le « garum » romain, ancêtre de notre « pissala », conférence qui m’avait passionné et puis, aussi, à l’instant, avant d’entamer notre entretien, quand nous avons apprécié l’environnement architectural de cette Plassa Vitour (Place Garibaldi) ou nous nous trouvons. Mais, à présent, j’aimerai que vous me parliez de vous et de ce qui a contribué à façonner le personnage que vous êtes.

AB: je suis d’une vieille famille niçoise (à l’origine venue de l’autre côté des Alpes) mais, quand j’étais petit, on ne parlait pas le Niçois à la maison. C’était l’époque ou il était mal vu de parler le « patois » comme le disait la culture dominante.

RMM: Je vous comprends bien car ce fut le cas aussi pour moi. Nous faisons partie des générations sacrifiées. Et vous êtes venu au Niçois comment ?

AB:  En fait, ce fut par l’intermédiaire de mes grands parents, et plus particulièrement mes grands pères, que j’ai pu entendre cette langue qui chantait à mes oreilles.  Mes grands parents paternels étaient du côté du quartier de Magnan et des Baumettes, tandis que mes grands parents maternels vivaient près du quartier du Port, à la place Saluzzo (actuellement Place Max Barel). Mon grand père paternel, donc, après avoir été « fumiste » (c’est à dire qu’il s’occupait des cheminées et des appareils de chauffage) s’orienta vers le métier de carrossier, rue des Potiers, et quand j’allais dans son atelier, j’entendais, bien sûr, parler « la lenga nissarda ». Mon autre grand père, du côté de ma mère, était comptable et la Place Max Barel n’étant pas loin de la place Arson, il était le comptable de Gallarotto, le grand champion de boules. Ce qui fait que nous étions très souvent fourrés place Arson où le Niçois était à l’honneur.

Place Arson

RMM: Et c’est ainsi que vous avez appris la langue ?

AB: C’est ainsi que j’ai approché notre langue. Ensuite, j’ai eu la chance d’avoir comme professeur d’Histoire/Géographie, au lycée du parc Impérial, André Compan (Sas ne ve) qui y enseignait aussi le Niçois et le Provençal. Et c’est ainsi que je me suis perfectionné et ai présenté le Niçois au bac.

RMM: Votre histoire est le parallèle de la mienne puisque j’ai fait les mêmes rencontres et d’ailleurs ces rencontres ont marqué tout ceux qui les ont faites car ils se retrouvent aujourd’hui, pour un grand nombre, impliqué dans la défense de notre culture.

AB: Oui, c’est tout à fait vrai. Par la suite, après mon bac, mes parents voulant que le petit fasse des études, j’ai poursuivi, après le bac, des études universitaires qui se sont soldées par un  doctorat d’économie et un doctorat de psycho-sociologie. Et c’est ainsi que j’ai échappé à la carrosserie. Après mes études je suis rentré dans la banque pour y faire ma carrière.

RMM: Et…ce n’est pas la banque qui vous a amené vers l’action culturelle ?

AB: Non, ce sont les aléas de la vie qui ont fait que je rencontre une française, originaire de Coursegoules (de l’autre côté de la frontière du Var). Ensemble, nous nous sommes lancés dans des recherches livresques dans l’œuvre du Chevalier de Cessole au Musée Masséna. Et là, nous avons eu la chance de rencontrer un personnage important dans notre parcours. Il s’agit de Monsieur Fighiera, le conservateur de ce musée qui collaborait à la revue « Nice Historique ». Et il nous a vraiment appris la manière de faire des recherches dans les livres. Il fallait, selon lui, faire des recherches globales en appréhendant tous les aspects d’un lieu ou d’un personnage et ne pas se contenter d’une approche sectorielle. Ce fut un tournant dans notre façon de voir les choses.  Nos recherches nous amenèrent à la réalisation et à la publication d’un premier livre paru en 1983 au Editions Serre dont le titre était « Coursegoules, le temps des veillées ».

Coursegoules, le temps des veillées

RMM: Assurément un très beau titre. Et vous avez publié d’autres rubrique paysannes ?

AB: Après ce premier livre suivront 13 autres titres dans des domaines fort divers comme l’économie et la cuisine jusqu’au 14° titre qui va sortir bientôt aux Editions Alexandrines « Ballade à Nice et dans les Alpes Maritimes »  sous titré « sur les pas des écrivains ».

RMM: Vous avez publié dans des maisons d’édition chaque fois différentes ?

AB: Non, j’ai pratiquement toujours été fidèle à mon premier éditeur, les Editions Serre, sauf à deux reprises. La première infidélité fut pour la sortie d’un bouquin sur l’économie et pour cela j’ai chois les Editions Vuibert qui étaient plus spécialisées dans ce domaine.  Et la seconde fois, c’est pour ce dernier livre pour lequel j’ai été sollicité par les Editions Alexandrine qui avaient publié toute une collection sur le thème des ballades…et je ne pouvais pas refuser cela.

RMM:  Un livre sur l’économie, cela dénote un peu dans le contexte de votre œuvre, non ?

Charles Rayneri

AB: C’est vrai que je m’aventure sur d’autres terrains mais il faut que je vous dise qu’il y a un rapport avec notre Comté. En effet, ce fut ici, à Nice que les bases de la banque mutualiste furent jetées par un certain Charles Rayneri. Charles Rayneri, né à Bordighera, est à l’origine de plusieurs Banques Populaires à Nice, Marseille, Toulouse, Cognac, et surtout Menton de 1883 à 1910. Cette dernière connut un vif succès et se présenta comme la première Banque Populaire moderne, structurant autour d’elle un groupe fédéral régional. Toutes ces banques sont rassemblées dans le Groupe Départemental des Sociétés de Crédit Populaire fondé en 1895. Il crée également 7 caisses agricoles. Cependant son œuvre est peu connu ici et même pas une rue ne porte son nom alors qu’il est reconnu ailleurs, en Suisse ou au Québec.

RMM: La cuisine semble vous avoir toujours inspiré. Cela vient d’où ?

AB: Toujours les influences familiales. Mon grand père paternel, le carrossier, adorait faire la cuisine, une cuisine populaire du terroir. Et, comme il était très pris par son métier dans la semaine, il allait tous les samedis dans les bistros du coin dans la quartier des Baumettes pour préparer de bons plats dont raffolaient les clients. C’est ainsi que j’ai attrapé le virus de la cuisine tout petit. C’est en regardant cuisiner mon grand père que j’ai appris et que j’ai voulu transmettre à mon tour.  Je me réfère toujours à cette phrase qui m’a marqué et qui m’a servi de référence sur la cuisine: « on ne donne pas une recette, on la transmet ».

Cuisine du Pays Niçois

RMM: C’est assurément une belle phrase pleine de vérité. Et cela correspond bien à la cuisine de ce Pays Niçois qui s’est transmise de générations en générations.

AB: C’est tellement vrai que certaines recettes actuelles nous viennent de la nuit des temps comme le « pissala » qui est pratiquement la recette du « garum » que les romains appréciaient comme assaisonnement. D’ailleurs, ce « pissala » a longtemps été dans la cuisine niçoise le seul moyen de relever les plats. Et, puis, il faut dire que dans un pays comme le notre, au relief montagnard et dur, ou il y avait peu de richesses en matières premières alimentaires, il a fallu faire preuve d’imagination pour créer cette cuisine si particulière que les visiteurs découvrent avec étonnement, tant elle a peu franchi les anciennes frontières de notre Comté. Dans le  même temps, il faut dire que le climat exceptionnel de notre petit pays donne des légumes et de fruits de grande qualité.

RMM: C’est pourquoi, sans doute, cette cuisine particulière vous a inspiré ? Vous avez publié de nombreux livres sur la cuisine: la série va t elle continuer ?

AB: Oui, je vais très bientôt faire paraitre un livre de cuisine centré sur les poissons. Je ne pouvais manquer cela car  il y a une tradition de pêche locale, qui contribue aussi à notre culture. Ce livre s’intitulera  » La Cuisine des pointus (La Couhina dei pounchut) » en référence aux bateaux si caractéristiques de notre Comté.

Lu Pounchut

RMM: Nous le lirons avec grand plaisir. Mais j’ai une question qui me tient à cœur:  en plus de la transmission intergénérationnelle,  n’y a t il pas eu des apports extérieurs à notre cuisine puisque nous sommes, quand même, une terre de passage et d’intégration et que nous avons cette capacité à « revisiter » (pour employer un terme à la mode) les nouveautés que nous nous approprions ?

AB:  C’est tout à fait vrai et nous avons deux exemples symptomatiques de cette appropriation d’apports extérieurs. Le premier exemple est bien sûr notre « estocafic » national qui nous a été amené par les marins norvégiens faisant escale à Nice et à Villefranche lors de leurs déplacements commerciaux vers l’Italie. Ce stockfisch scandinave était une nourriture très appréciée car elle pouvait se conserver facilement et permettait de faire carême facilement. Cet aiglefin séché (et dur…d’ou son nom bâton-poisson) a été adopté et adapté par les Niçois qui l’ont cuisiné à leur façon. Pendant longtemps, les gens vivant dans les villages faisaient tremper les filets dans les lavoirs ou les torrents pendant plusieurs jours afin qu’ils se  réhydratent  et perdent leur sel (plus tard, quand les populations se sont concentrées dans les grandes villes, on avait l’habitude de laisser tremper les filets dans le bac de la chasse des « coumun » qui étaient sur les balcons donnant sur le cours). Puis, ils étaient coupés en morceau et cuisinés comme un ragout avec de l’huile d’olive, des pommes de terre, des poivrons, des tomates, un peu de poireau, des olives noires (de Nice), de l’ail, des oignons, un bouquet garni et une petit verre de branda. Voilà, comment en adaptant un plat venu du Nord de l’Europe, on arrive à l’estocafic nissarda. Le deuxième exemple qui me vient à l’esprit est celui des Arméniens qui se sont installés en nombre dans notre Comté et dans la Ville de Nice. Cette communauté arménienne, pourchassée par les Turcs (Ndlr: ce qui nous rapprochait) après le génocide de 1915, qui s’installât principalement dans le vallon de la Madeleine s’intègrera parfaitement chez nous. Les chefs de famille deviendront maçons, menuisier, coiffeur ou autres, se fondront dans la population locale  et adopteront rapidement le Nissart comme langue. Cette dernière intégration réussie nous a apporté un plat nouveau dans le patrimoine de la cuisine nissarde (le riz aux pignons et aux raisins secs) et est un exemple parfait de la capacité d’assimilation par notre cuisine. Le riz aux pignons et aux raisins secs –Lou ris à lu pignòu e à lu asebic– est un accompagnement parfait pour certains plats comme les grillades de poissons ou de viandes et les légumes d’été: c’est un riz à la saveur très délicate qui peut transformer un simple poulet à la tapenade en un plat de fête. C’est une préparation simple avec du riz, des pignons, des raisins secs et du beurre. Voilà deux exemple de notre capacité à nous enrichir de ce que ceux qui ont voulu venir vivre ici nous ont apporté.

RMM: Mais cela ne se limite pas au domaine de la cuisine ?

AB: Non, bien sûr, c’est une caractéristique des gens d’ici qui, s’ils ont su résister à ceux qui les agressaient, ont toujours ouvert les bras  à ceux qui avaient la volonté d’adopter notre terre et notre culture. A celui qui vient d’ailleurs, on ne demande pas son lieu de naissance, mais son lieu d’avenir.

Una terra d'embarbà

RMM: Cela implique qu’il existe une culture forte dans notre Pays Niçois, non seulement pour attirer ceux qui la choisissent mais aussi pour pouvoir les intégrer harmonieusement ?

AB: Bien sûr, il est important de conserver ce patrimoine de la langue et de la culture intact car c’est l’âme de cette terre et de ceux qui l’habite. La langue est un facteur primordial pour traduire un attachement à la culture et un enracinement à la terre. a cet égard, je ne peux que citer la phrase de notre Prix Nobel de la Paix, René Cassin, qui se voulait profondément Nissart:  « Qui sauve une langue, sauve une partie du patrimoine de l’humanité ». je n’ai rien à y ajouter.

RMM: Puisque nous parlons de la langue, parlons un peu aussi de la revue « Lou Sourgentin » à laquelle vous collaborez depuis longtemps.

AB: C’est vrai que cela commence à faire un bail que je collabore à cette revue. En fait,  depuis les années 80 comme rédacteur et, depuis, 3 ans, depuis que j’ai arrêté mon métier à la banque ( DRH er Dir. Com. au Crédit Agricole Provence Côte d’Azur) et que je suis plus disponible, j’ai accepté l’honneur qui m’était fait d’entrer au comité de rédaction de la revue. Cela dit, cela n’a rien d’honorifique car il en a fallu du travail à tout ceux qui nous ont précédé pour faire du petit bulletin de liaison ronéotypé et  édité par les enseignants d’un collège Niçois (Ndlr: le collège Risso en l’occurrence), tous amoureux de notre culture, cette grande et belle revue qui vient de sortir son 200° numéro (42 ans après le premier). Nous avons, au minimum, une réunion par mois autour des deux piliers de la revue Raoul Nathiez et Roger Rocca. Notre équipe est très soudée: cela est nécessaire car nous sommes tous des bénévoles qui faisons un  travail de professionnels. Il y a plein de nouveaux projets pour les futurs numéros et particulièrement, un qui me tient à cœur sur les peintres paysagistes qui ont puisé leur inspiration ici.  J’ai le plaisir de partager avec Raoul Nathiez la rubrique « Mastegada », une belle référence à l’acte de mastication et de digestion (…des évènements) propre à la qualité supérieure décrite par F. Nietzsche, la qualité de ruminer: « L’homme moderne est celui qui prend le soin et tout le temps de ruminer ».

200° de la revue "Lou Sourgentin"

RMM: Cette revue est la première, de l’époque moderne, à avoir proposé des textes bilingues? C’est une référence, chez tous les niçois qui voudraient transmettre leur patrimoine linguistique après des années de francisation à outrance et de « dénissardisation » forcenée. La tradition orale au sein des familles ayant été interrompue (en sacrifiant plusieurs générations sur l’autel de la langue unique), nous pensons qu’il est utile de se battre pour obtenir, dans un premier temps, une école bilingue (Nissart/Français) à Nice afin que les plus jeunes se réapproprient la langue de leurs ancêtres. Quelle est votre position sur ce sujet ?

AB: Je ne suis, bien sûr, pas opposé à ce qu’il y ait ce type de structure éducative à Nice. Mais, il me semble plus judicieux encore de parler d’école plurilingue et d’enseigner dans le même temps plusieurs langues comme cela se fait en Allemagne ou en Suisse: par exemple, Nissart/ Français/Anglais ou Italien…

RMM: Cela nous rappelle que les habitants du Comté de Nice avant l’annexion de 1860 parlaient au moins 3 langues et, ainsi, nous reviendrons vers ce qui était la tradition  ici.

AB: C’est tout à fait vrai. Et le fait de parler plusieurs langues, pour un enfant, l’ouvre sûrement plus au monde que de n’en parler qu’une.

RMM: D’ailleurs, des études ont montré que les enfants qui avaient suivi un enseignement bilingue avaient de meilleurs résultats au bac. Et, il n’y a pas que l’apprentissage des langues qui ouvre l’esprit, il y a aussi celui de la musique. Etant moi même musicien, je suis tout à fait convaincu que la transmission d’une culture se fait de façon toute autant importante par la musique. Vous êtes, en plus de vos différentes activités un musicien acharné.

L'écrivain clarinettiste

AB: Et oui, j’ai, je l’avoue, cette addiction à la musique qui est une composante fondamentale de la culture en même temps qu’une médecine plus efficace que les médicaments. Je suis membre d’une formation (que j’ai contribué à fonder avec quelques amis d’enfance, tous mélomanes comme moi) dans laquelle je joue de la clarinette basse. Notre ensemble de Jazz se nomme la « Compagnie So What » et est constituée d’enfants du pays. Nous pensons que la musique ne doit pas se cantonner, même si c’est important, aux vieilles chansons du patrimoine local et aux musiques traditionnelles, mais doit évoluer. La culture musicale Niçoise, culture ouverte par définition, doit intégrer aussi du Rock, du Bues et du Jazz.

RMM: Les Bretons nous ont, d’ailleurs, montré la voie en sachant allier tradition et modernité dans leurs musiques actuelles sans renier aucunement leur culture.

AB:  Je vous signale que nous présentons notre musique comme une « Musique écrite et improvisée du XXI° siècle dans le moyen pays Niçois » . Nous avons aussi, avec la Compagnie, écrit un polar franco/niçois qui tire son titre du nom de  la compagnie de Jazz « So What ». Ce bouquin écrit de façon collective par les membres du groupe s’appelle « Et Alors ! » et il est écrit en langue d’oil (en français en l’occurrence) et , si on retourne le livre, vous avez une autre première de couverture inversée qui s’intitule « E Aloura ! »: il s’agit d’une interprétation, una revirada, écrite en Nissart par Raoul Nathiez, mon complice de la revue « Lou Sourgentin ».

Et Alors ! E Aloura !

Nous avons un autre projet pour 2013 autour du thème de « Matisse et la musique » qui prendra un titre faisant encore référence à une citation de F.Nietzsche (« sans musique, la vie serait une erreur » tirée du livre Le Crépuscule des idoles) et qui s’appellera: « Nietzsche la Belle ». Nous faisons référence à cet auteur qui est venu prendre une grande partie de son inspiration, pour écrire son œuvre immense, dans notre pays.

 

RMM: Alors, pour conclure, qu’est ce que c’est qu’être Niçois pour vous Alex Benvenuto ?

Pépin Garibaldi

AB: Voilà une question bien complexe à laquelle on ne peut apporter une seule réponse. Je crois qu’être Nissart c’est être dépositaire d’une belle et riche culture sur laquelle nous nous sommes longuement étalés lors de cet entretien, culture qui se manifeste par la  langue, les traditions, la cuisine, la musique, le caractère des individus mais aussi par une ambiance à nulle autre pareille lorsque l’on parcourt cette contrée, une ambiance chargée d’histoire et de personnages marquants. Nous sommes multiples et uniques à la fois. Nous ne sommes ni Italiens, ni Provençaux, ni vraiment tout à fait Français mais nous sommes influencés par le culture des trois tout en gardant notre particularisme très fort. Mais, être Niçois c’est se promener dans ce pays en étant constamment accompagnés par l’esprit de ceux qui ont vécu ici, se sont battus ici ou sont venus ici. C’est avoir constamment à ses côtés, Giuseppe Garibaldi, l’enfant du pays, bien sûr, mais aussi Guillaume Appolinaire qui s’était réfugié ici, Friedrich Nietzsche qui était venu écrire les plus belles pages de son œuvre majeure à Nice et à Eze, Nicolo Paganini qui était venu mourir dans notre ville, notre Louis Nucéra et tant d’autres… Cette ville et ce Comté sont habités par tous ceux qui y sont passés. c’est pourquoi j’ai adhéré au projet du dernier livre qui vient de paraitre et dont on m’a demandé de diriger la rédaction « Ballades à Nice et dans les Alpes Maritimes »- sur les pas des écrivains– »  aux éditions Alexandrines qui est ma 14° publication. Je viendrai, d’ailleurs le 18 avril 2012 à la librairie Masséna (55 rue Gioffredo) à partir de 17H00, pour rencontrer mes lecteurs et signer ce dernier livre.

Sur les pas des écrivains

RMM: Alex Benvenuto je vous remercie pour ce moment partagé.

AB: Merci à vous de m’avoir permis de m’exprimer  sur votre site « Racines du Pays Niçois »

Un ome e una terra

 

* Alex Benvenuto: Docteur es sciences économiques, Docteur en psychosociologie, Maître de conférences à l’Université de Nice Sophia Antipolis, membre du Comité de Rédaction du Sourgentin, ex DRH et Dir. COM au Crédit Agricole Provence Côte d’Azur, Fondateur de la Compagnie « So What », écrivain.