Per que la lenga vivi !

Un espoir pour nos langues ?

« Il n’y a pas besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. »

 

La proposition de loi relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion a été définitivement adoptée hier par l’Assemblée nationale.

Même si les mesures proposées dans ce texte seront insuffisantes pour inverser le processus de disparition de nos langues de Provence, il faut saluer la validation de l’enseignement immersif. Cela signifie que les professeurs des écoles publiques pourront, en théorie, enseigner les matières générales en provençal, en nissart, en provençal alpin. C’est un premier pas vers le bilinguisme.

Comment l’adoption de cette loi sera accueillie par les élus locaux de Provence e »t du Pays Niçois ?

Plus aucun d’entre eux en tout cas ne pourra se cacher derrière le droit.

Hier, jeudi 8 avril 2021, à l’assemblée nationale eut lieu une nouvelle très positive pour les langues régionales avec l’adoption de la « loi relative à la protection des langues régionales et à leur promotion » porté et proposé par le député breton Paul Molac.

Cette loi prévoit notamment :  la mise en place de la pédagogie immersive dans des classes de l’enseignement public, de proposer de généraliser l’apprentissage des langues régionales de la maternelle au lycée, la mise en place d’un forfait pour les écoles associatives, permettre l’affichage bilingue sur les bâtiments publics, les panneaux de signalisation, dans la communication institutionnelle dans les collectivités territoriales qui le souhaitent ou encore de mettre fin aux difficultés rencontrées par les parents qui choisissent des prénoms traditionnels régionaux.

Dans un pays n’ayant toujours pas ratifié la charte européenne des langues régionales et minoritaire, l’adoption de telles mesures tiennent du quasi-miracle…d’autant plus miraculeux lorsque, contre toute attente ; la grande partie des députés de la majorité présidentielle présente dans l’hémicycle ont voté pour l’adoption de cette loi ! Malgré l’opposition du gouvernement et plus particulièrement de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation Nationale, farouchement hostile à cette loi estimant que cela « aller trop loin ! »

Le 29 janvier dernier, lors de la séance du conseil municipal de la ville de Nice, Jean-Luc Gagliolo ; adjoint au maire en charge de l’éducation et de l’identité niçoise, fit voter (à l’unanimité) une délibération portant sur la reconnaissance des langues régionales et notamment :  de soutenir l’Association des Professeurs de Langues Régionales dans sa démarche visant à obtenir une plus grande reconnaissance des langues régionales, et en particulier de la langue niçoise, dans le cadre de la réforme du baccalauréat,  de solliciter auprès du Ministre de l’Education nationale la valorisation et l’encouragement de l’enseignement des langues régionales, et en particulier de la langue niçoise, notamment au niveau des coefficients et bonification octroyés au baccalauréat au titre de la Langue Vivante C.

Doucement mais surement une lente évolution des mentalités est en train de se faire dans la France jacobine considérant encore ces langues comme une « menace » pour « l’unicité de la république».

Mais l’adoption de cette loi n’est évidemment pas la fin du combat pour la survie et la pérennisation des langues dites « régionales » dont les langues du Comté de Nice comme le Nissart, Gavouot, le Mentounasc ou encore les différentes langues de la Roya.

Des efforts sont encore à faire, des moyens doivent encore être donné et par-dessus tout une véritable volonté politique des collectivités pour sauver et pérenniser ces langues, notamment à Nice où la mairie, même si des efforts ont été accomplis, peut aller encore plus loin pour soutenir le Nissart et n’a plus d’excuse pour faire encore plus maintenant, grâce à l’adoption de cette loi…

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