la malhonnêteté intellectuelle des journalistes français

la malhonnêteté intellectuelle des journalistes français…

 

…Ou comment tomber dans le piège tendu par les relayeurs de la pensée unique.

 

Ceci est une histoire vécue qui m’est arrivé et si j’en témoigne aujourd’hui, c’est tout simplement pour dénoncer la malhonnêteté intellectuelle des « pisse-copies » français aux ordres du système. Ainsi, j’espère faire acte de prévention pour éviter, à ceux qui nous lisent de tomber dans le même panneau.
Il y a un an, alors que je rentrais chez moi, j’ai été abordé, place Garibaldi, par deux jeunes gens qui se sont présentés comme étant étudiants à l’école de journalisme. Nous avons discuté un moment et comme ils étaient intéressés par mon discours sur l’identité culturelle de notre Pays Niçois, nous avons échangé nos cartes.
Quelque temps après, je fus contacté par l’un d’eux, Romain Massa (dans la mesure ou ils ont cité mon nom dans leur « papier », je m’estime en droit de révéler leur identité) qui demanda si je voulais bien participer à l’élaboration d’un article sur les communautés organisé par la revue « L »Express ». J’acceptais en le priant de bien vouloir me rappeler pour me dire de quoi il retournait et sous quelle forme cela se passerait.
Quelque temps après, il me contacta pour m’indiquer le lieu, le jour et l’heure de ce rendez-vous et comme je lui demandais à quel titre j’interviendrai dans cet article, il me répondit que je parlerai au nom de la communauté niçoise. Je lui fit d’ailleurs remarquer l’incongruité de sa réponse, à savoir considérer les nissart comme une communauté, parmi d’autres, sur leur propre sol. Mais bon !
Le jour venu, je me retrouvai dans un bar-restaurant de la place Garibaldi avec les journalistes de l’Express et la présence à mes côtés de Lucien Samak, président du consistoire israélite et Chakwi Belalliat représentant de l’association des jeunes musulmans. Les échanges furent très cordiaux et il ressortait de nos premiers contacts qu’aucun ne défendait un certain communautarisme qui fait les délices de la presse nationale française mais défendait bien le « particularisme » niçois. Cela d’ailleurs déstabilisait pas mal les journaleux jacobins de l’Express qui ne pouvait concevoir cet état de fait.
Une fois cet entretien passé, dans la mesure où ils n’avaient pas pu me donner une réponse précise à mon désir de savoir quand cet article serait publié et si on aurait un droit de lecture, j’essayais, en vain, d’appeler le jeune Romain Massa qui ne me rappela, d’ailleurs, jamais. Pendant quelque temps, je consultais l’Express en cherchant désespérément une trace de ce papier… puis, en désespoir de cause, j’abandonnais et, le temps passant, oubliais
cet épisode.
Jusqu’à ce qu’un ami m’appelle dernièrement pour me demander si j’avais bien collaboré à l’élaboration d’un article de l’Express et si j’avais tenu de tels propos qui le choquait dans la mesure où, me connaissant, il ne pouvait concevoir cela. Je lui répondis que j’avais effectivement participé à une réunion, l’an dernier, mais n’avait eu aucune nouvelle de la suite donnée à cette histoire et le priait de bien vouloir m’adresser l’article en question.
Quelle ne fut pas ma stupéfaction à la lecture des propos que l’on me prêtait. Je vous laisse lire cet article (reproduit ci-dessous) dans son intégralité et en ferai les commentaires et mises au point à la suite.

« A chacun son identité, mais tous Nissarts ! »

Quand on la regarde de loin, la salade multiculturelle niçoise n’apparaît pas très homogène. Pourtant, réunis autour d’un café, Lucien Samak, Président du Consistoire israélite régional, Chawki Belalliat, président sortant des Jeunes musulmans de France, et Robert-Marie Mercier, Président de l’association culturelle « Racines du pays Niçois », dynamitent les clichés. Ils parlent de leur destinée commune dans « l’une des plus belles villes du monde ».

L’identité locale est très forte à Nice. Au point d’exclure les nouveaux arrivants ?

Lucien Samak : On pense souvent que Nice est fermée à l’Autre. C’est faux. Les Niçois sont soucieux de protéger leur identité, mais sans que cela vire à la haine de l’étranger.

Chawki Belaliat : Je suis né ici. Donc la question de l’intégration ne s’est jamais posée pour moi. J’ai toujours eu le sentiment d’appartenir à mon école, à mon quartier, sans jamais me sentir exclu.

Robert-Marie Mercier : Depuis des siècles, Nice accueille le monde entier. De nombreux étrangers s’y sont installés, de vieilles familles niçoises sont d’origine sarrasine. Le Vieux-Nice n’est-il pas appelé par les « vrais » Niçois « Babazouk » _ Bab-al-Souk, la porte du souk ? L’assimilation, c’est autour de cette idée que s’est construite la ville.

Nice est pourtant la seule grande ville de France à ne pas abriter de grande mosquée…

LS : C’est en effet un problème d’importance. Au début des années 1990, déjà, alors que j’étais président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), nous avions manifesté, avec les représentants des trois religions monothéistes, pour la création d’une grande mosquée à Nice.

R.-MM : Je dirais même que c’est choquant ! Que c’est en contradiction avec l’idéal républicain ! Il n’est pas normal que, dans un pays laïc, l’on accepte les églises et les synagogues, mais pas les mosquées.

CB : Il faut néanmoins garder à l’esprit que construire une mosquée, ce n’est pas comme construire un gymnase. En la matière, il faut agir avec sérénité et comprendre les inquiétudes. Il s’agit avant tout d’un problème d’organisation : si un tel projet voit le jour, qui le financera ? Qui le gérera ? Il faut garder ces questions à l’esprit.

Vous dites qu’il s’agit d’une question d’organisation. Est-ce un chantier prioritaire pour les représentants de la communauté musulmane ?

CB : A Nice, cette communauté est très hétérogène. Mais il y règne aujourd’hui une réelle volonté de s’organiser, de cultiver une conscience citoyenne et politique et de prendre part au débat municipal de façon active, sans pour autant dicter une façon de penser ou donner des consignes de vote. C’est avant tout une action citoyenne que nous tentons de mettre en place.
LS : Être structurée, pour une communauté, c’est essentiel, comme d’intervenir dans le débat public. En 2001, en tant que juifs mais avant tout en tant que Niçois, nous nous sommes mobilisés pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen et Jacques Peyrat, à l’occasion des municipales. Nous avons appelé tous les juifs de Nice pour les encourager à s’inscrire sur les listes électorales et créer un mouvement citoyen.

Ce travail, cette conscience de l’appartenance communautaire ne vous éloignent-ils pas de Nice et des Niçois « de souche » ?

LS : La notion de « souche », à Nice, elle ne concerne que les arbres ! Moi-même, je suis Niçois avant tout et même, plus que Niçois, je suis un enfant de la Madeleine.

CB : Ah, vous aussi ? J’y ai passé toute mon enfance ! Puis j’ai dû « m’expatrier » à l’Ariane pour des raisons économiques. C’est un quartier mal considéré, mais qui me fascine. Il a vu défiler toutes les vagues d’immigration et vécu des transformations gigantesques depuis la fin du XIXe siècle. C’est un laboratoire : toutes les communautés y ont creusé leur trou, un jour ou l’autre.

R.-MM : Des rapatriés d’Algérie aux Tchétchènes en passant par les Maghrébins ou les Gitans, être Nissart c’est être tout le monde, de toutes les confessions. Et c’est notre histoire depuis des siècles.

Y a-t-il de vrais échanges entre les différentes communautés niçoises ?

LS : J’ai régulièrement l’occasion de rencontrer les musulmans lors de fêtes religieuses. Il m’arrive d’aller rompre le jeûne du ramadan à l’Ariane, on m’y sert un repas casher. Cet échange symbolise l’ouverture et la bonne entente pour laquelle nous œuvrons.

R.-MM : Avec cette même bonne volonté, des acteurs culturels locaux vont à la rencontre des populations de quartiers difficiles, pour transmettre et partager le patrimoine et l’histoire de Nice. Je suis convaincu que pour que nous nous sentions tous Nissarts, il faut une base culturelle commune à partager, notamment à travers la langue niçoise.

CB : Cela me rappelle une anecdote : mon père, natif de Sétif, en Algérie, était analphabète, pourtant, lorsqu’il me grondait, c’était en niçois ! J’ai toujours eu un lien très fort avec cette ville. Des manifestations comme le Carnaval permettent de tous nous réunir. On en garde des souvenirs impérissables.

Le tableau n’est pas si idyllique, pourtant, des tensions existent. Comment faire pour vivre vraiment ensemble à Nice ?

CB : Ca passe par le dialogue, avant tout ! L’évitement et le non-dit entretiennent le malaise. Mais, avant de pointer du doigt les éléments qui nous séparent, il faut commencer par trouver ceux qui nous rassemblent. Et ils sont nombreux.

LS : Tant que nous continuerons à échanger, nous serons gagnants. Quand la relation n’est pas artificielle, on peut tout se dire. L’important est de construire des relations sincères et authentiques. Et le mot de « communauté » doit être réhabilité, car il désigne notre bien commun.

R.-MM : C’est un terme très beau que celui de communauté, qui ne doit pas être galvaudé. Il n’a rien d’excluant ou de négatif. Nous vivons sur une terre où les gens vivent ensemble depuis des siècles, et cela continuera. À chacun son identité, mais tous Nissarts !

Propos recueillis par M.D., H.L. et R.M.

Si vous le voulez bien, je vais reprendre, point par point, les écrits (soulignés en rouge) qui me sont attribués et qui posent réellement problème.

En premier lieu, je n’ai jamais dit que Nice accueillait le monde entier, tel que cela est formulé, car cela aurait tendance à faire croire que la porte est grande ouverte sans conditions à n’importe qui. J’ai dit, et je le répète souvent aux participants à nos « Promenades à travers le temps en Pays Niçois… de la Préhistoire à nos jours » que j’organise avec l’association « Racines du Pays Niçois », que notre culture s’est forgée par l’apport de populations diverses tout au long des siècles et que cela a contribué à l’enrichir tout en la préservant. Encore fallait il que ces populations viennent chez nous pour y partager notre langue et notre culture qui étaient un formidable facteur d’intégration (et beaucoup de « nissart » vous diront que leurs ancêtres sont devenus « Nissart » par le biais de la langue et de la culture). J’aime souvent à rappeler une phrase que m’avait dite mon ami Alex Benvenuto: « tu sais la mentalité nissarde, c’est, lorsque quelqu’un arrive chez nous, on ne lui demande pas d’où il vient mais où il veut que nous allions ensemble ». Cette volonté d’accueillir celui qui a choisi de s’implanter chez nous doit obligatoirement s’accompagner, de la part de celui-là, de l’amour pour notre pays Niçois, pour notre culture et de l’envie de défendre cela avec nous. Avouez que ce n’est pas tout à fait la même chose que « Nice accueille le monde entier »… car il en est qui ne veulent pas partager tout ceci avec nous mais veulent tout simplement venir profiter de notre territoire (quand ce n’est pas vouloir nous imposer, aussi, leur culture). Une petite précision concernant les origines de noms niçois: les journalistes n’ont retenu que les noms d’origine sarrazine mais ont bien vite oublié tous les noms niçois d’origine germanique (nous avons pourtant, pendant des siècles, été partie intégrante d’empires germaniques).

Venons en au passage qui traitait des mosquées. Je suis sidéré de la façon dont certains « fouilles-merde » travestissent vos propos. Quand on m’a posé la question de savoir si il était normal qu’il n’y ait pas de mosquée à Nice, je n’ai jamais parlé d’idéal républicain, et pour cause, la seule république trouvant grâce à mes yeux étant celle de Platon. Je voulais simplement montrer les contradictions internes de cette « république » dont on nous rebat les oreilles ( y compris nos politiciens locaux) en mettant en avant, en permanence, sa laïcité. Et c’est pour cela que je disais qu’il était paradoxal que, dans cet état laïc, dans lequel on autorisait les églises et le synagogues, ces mêmes politiciens trouvaient tous les prétextes pour interdire les mosquées. On me demandait mon avis sur un état de fait, et je donnais mon avis, sans prendre parti en quoi que ce soit. Malheureusement, mes propos largement transformés pouvait faire croire le contraire.

Quant à la dernière phrase sur laquelle je voudrai revenir, phrase qui traduit sans doute la façon de parler des journalistes ne maniant sans doute pas très bien leur langue maternelle et qui aurait tendance à me faire passer pour un demeuré (… être nissart, c’est être tout le monde de toutes les confessions….), ceux qui me connaissent et ont l’habitude de me lire se sont vraisemblablement rendu compte que je n’avais pas pu tenir de tels propos. D’abord parce, pour moi, être Nissart, ce n’est justement pas être tout le monde, mais à contrario, être l’aboutissement d’un héritage culturel et historique bien particulier. Etre Nissart, ce n’est pas être de toutes les confessions, c’est être nissart avant d’être d’une confession (ici, on est nissart avant d’être catholique, protestant, juif ou musulman, nissart avant d’être de gauche ou de droite, nissart avant d’être supporter d’une équipe ou d’un artiste….). C’est, d’ailleurs ce qui fait notre particularisme et notre force. Et puis, cette ineptie de mélanger les Tchétchènes, les pieds-noirs, les gitans et les maghrébins est bien une invention de « gratte-papier » hexagonal en mal de cosmopolitisme mondialiste. D’autant que j’avais bien précisé que certains n’avaient aucune volonté de devenir Nissart (ou peut-être, pas la possibilité par la faute des dogmes qui les emprisonnaient) et que l’on ne pouvait pas obliger quelqu’un à devenir Nissart.

La seule chose que j’ai dite était que mon pays niçois avait cette particularité d’offrir des racines à ceux qui n’en avaient pas ou n’en avaient plus…mais cela est peut-être trop dur à comprendre pour un « journaliste » (sic) français.