Le Réveil des Peuples en Europe

La Catalogne, un exemple pour le Comté de Nice et un espoir pour une nouvelle Europe

Catalunya

Nous avons connu, en ce XXI° siècle, des mois de septembre qui ont marqué l’histoire. Que ce soit le 11 septembre 2001 qui a vu la première attaque au cœur des États Unis d’Amérique (il y en eut bien une avant, à Pearl Harbor, mais c’était en périphérie de l’état central), puis il y eut le 21 septembre 2002 qui a vu l’explosion de l’usine AZF à Toulouse. Chaque année, à la rentrée d’automne, les médias commémoraient ces événements…dans l’attente, sans doute, d’un  nouveau. C’est pourquoi, nous avons été étonné de voir passer sous silence, dans la plupart des médias, un événement fondamental quant à l’avenir de notre continent.  Le 11 septembre 2012, plus d’un million cinq cent mille Catalans sont descendus dans les rues de Barcelone, drapeaux « sang et or » à la main, pour affirmer qu’ils étaient un peuple uni et qu’ils ne voulaient plus être dirigés de Madrid par l’état central espagnol. La nation catalane, qui bénéficiait d’un statut d’autonomie interne au sein du Royaume d’Espagne, s’avançait, à présent, à grand pas, vers l’indépendance.

Per la souvranità de la Catalunya

Une nouvelle souveraineté:

En fait, plus que l’Indépendance, les Catalans réclamaient l’autonomie politique, un nouveau concept qui induit, évidemment, une liberté de choix économique, symbole d’une  nouvelle souveraineté. De fait, le territoire catalan qui était bien géré par la « Généralitat », le gouvernement autonome catalan se voyait régulièrement ponctionner par l’état central espagnol sans qu’il y eut, en retour, les mêmes retombées pour la Catalogne. De fait, en période d’abondance, on ne voit pas les conséquences des ponctions fiscales d’un état central, dans la mesure ou cela ne gène en rien le développement local. Mais, dès que la source est tarie, il est un phénomène constant, propre à tous les état-nations de notre vieille Europe, qui consiste à ne pas diminuer les prestations au centre pour gratter à la périphérie. Le piège de la décentralisation a bien fonctionné partout, car, l’état central a gardé ses prérogatives dans le domaine législatif et budgétaire, pour se défaire des services coûteux qui lui incombaient sur le dos de ses régions.  Quand, de plus, il n’y a plus d’identification à un modèle commun (sauf peut-être quand il s’agit de football) les réflexes de solidarité ne jouent plus et de nouvelles solidarités se font jour.

dictature de l'économie

 

 

 

De nouvelles solidarités:

Il est un fait avéré que toutes les vieilles nations européennes  se trouvent en manque d’identité formelle et que le socle, même de leur légitimité s’en trouve ébranlé.  Il n’est donc pas étonnant que l’identité naturelle que chaque individu cherche, ne puisse se trouver que dans les régions ou l’ enracinement   est  fort et ou la culture fait partie de la vie quotidienne. A cet égard, la Catalogne représente le type même d’un état fusionnel avec son peuple. Il y eut des précédents dans l’histoire moderne, tel que celui que nous a fourni l’Irlande. Keltia

 

 

Aujourd’hui, un autre état de l’ex « Royaume Uni »  présente la même fusion avec son peuple : cet état, c’est l’Écosse qui vient de recouvrer son Parlement. Nous avons là, les exemples types d’état qui ne font qu’un avec leur peuple. Il n’est qu’à écouter, pour ceux qui suivent le Tournoi des VI nations, les hymnes qui sont chantés avant les rencontres : là, ou pour la France on n’entend qu’un chant de supporter, nous pouvons entendre toute l’âme d’un peuple quand les Écossais chantent « Flower of Scotland »  (Il en est de même avec les Gallois et leur « Land of my father » ). 

Scotland free

 

 

 

Quand un état-nation hétérogène ne peut plus présenter de dénominateur commun aux peuples qui l’habitent, les forces centrifuges prennent le dessus. Comme dans un atome, dont le noyau perdrait de sa force d’attractivité et verrait ses électrons s’échapper vers d’autres atomes. Car, on ne peut le nier, ce qui fait la cohésion d’une nation est basé sur la solidarité et la solidarité ne peut exister que par une identité commune autour de valeurs partagées. L’esprit de clocher, que l’on retrouve dans les campagnes et les villages, est significatif à cet égard.  Et cela se vérifie de la plus petite structure communautaire jusqu’à la plus grande, tant que les valeurs d’appartenance l’emportent sur la conscience d’une trop grande différence. Nous pouvons remarquer également, qu’en parallèle, la cohésion existe tant que l’on est dans une société humaine basée sur le devoir et qu’elle cesse d’être dès que l’on entre dans une société qui fonde ses valeurs sur le droit.  Plus précisément, dans le premier cas de figure nous nous trouvons dans une structure communautaire qui met le groupe en avant  comme élément primordial, alors que dans le second cas de figure, on a privilégié l’individu au détriment du groupe. Pour illustrer mon propos, je pourrais dire que dans une société traditionnelle, comme celles qui existent dans les « Patries Charnelles », le citoyen se dit : « quels sont mes devoirs envers le groupe ? », alors que dans les sociétés modernes, que sont les « États-Nations », l’individu demande : « quels sont les droits qui me sont dus par la société ? ».

L'europe en ruine

Le système des états-nations basé sur une société individualiste atteint, à un moment donné, ses limites. Et l’individu se retrouve seul , terriblement seul. Il, ne peut que se retourner vers un ensemble humain qui lui permettra d’exister et d’être reconnu : les communautés enracinées qui ont une culture et une histoire commune.

Countèa de Nissa

C’est pourquoi, aujourd’hui, les peuples se font entendre à nouveau, dans ce monde informel qui a tout fait pour les faire disparaître (sans y parvenir, heureusement). Face au « Moloch » du mondialisme contemporain qui ne voit le monde qu’au travers du prisme de l’économie sans tenir compte du facteur humain (les individus n’ont de valeur dans ce système qu’en tant que consommateur indifférencié d’une société mondiale standardisée), face à ce monstre froid, les femmes et les hommes se retrouvent tous à la recherche de nouvelles solidarités qu’ils ne peuvent trouver que  dans leurs communautés naturelles.

Que les banques c rèvent et que les peuples vivent

 

La revanche des peuples :

 

C’est, aujourd’hui, le grand réveil des peuples qui montent en puissance ; C’est l’affirmation des peuples à exister, à prendre leur destin en main en refusant que d’autres, ailleurs, les canalisent sur des voies balisées et sans issue. Après le vent de liberté qui a soufflé sur l’Europe dans les années 90, voyant  les murs qui emprisonnaient de nombreux peuples à l’Est s’écrouler, il apparut que l’Ouest du continent était resté figé dans une configuration que seule la peur du danger soviétique avait réussi à maintenir. Il y avait, bien sûr, des volontés, de la part de certains, de recouvrer leur souveraineté confisquée, mais on ne sentait pas que cela puisse dépasser le simple stade du désir.  Cependant, le temps faisant son œuvre, les mentalités évoluèrent en Europe et, le danger n’étant plus à l’Est,  il n’était plus nécessaire  pour ces pays, en demande de liberté, de rester sous la tutelle des pays « occidentaux »…et, c’est ainsi que, confortés par l’exemple des pays de l’ex bloc de l’Est, l’on vit  des nations sans état se réveiller pour aspirer à la liberté. La Catalogne se mit à penser qu’elle avait vocation à être une nation européenne parmi les autres. Les Flamands virent le sentiment national, qui n’était que le fait d’une minorité, se développer jusqu’à devenir majoritaire. Les Écossais , à leur tour, prirent une autonomie formelle vis à vis de l’Angleterre en retrouvant leur Parlement.

L’Europe bougeait pour se reconstruire par  la volonté de ses peuples, d’autant plus qu’ils nourrissaient une défiance  bien marquée envers ce simulacre d’Europe appelé l’Union Européenne, union qui n’était qu’un grand marché ouvert au quatre vents sans solidarité structurelle.   Avec la crise actuelle, le phénomène de réveil des peuples ne pouvait que s’accentuer.  Et, c’est ainsi que l’on vit  un million cinq cent mille catalans défiler dans les rue de Barcelone.

Catalunya (Europa)

 

 

 

C’est ainsi que l’on vit le parti indépendantiste flamand  emporter la mairie de la deuxième ville du « pseudo état belge ». C’est ainsi que l’on vit, le premier ministre écossais  aller au devant des désirs de son peuple en proposant un référendum pour l’indépendance  de son pays et signer un accord, en ce sens, avec le premier ministre anglais. Décidément, l’histoire  connaît une nouvelle accélération…l’histoire n’est écrite nulle part et nul ne sait de quoi elle sera faite demain… mais ce demain est celui de tous les possibles.

Arc Alpin

Un espoir pour tous les peuples d’Europe :

Tous ces évènements, que viennent compléter les élections au Pays Basque, lesquelles ont vu les partis indépendantistes  emporter la majorité, sont un signe fort en direction de l’Europe. Une Europe qui a bafoué les peuples de notre continent en les poussant au désespoir aujourd’hui: après leur avoir promis des « lendemains qui chantent », lors de leurs adhésions au grand marché qu’ils appellent « Union Européenne » laquelle, en fait, n’a jamais été unie tout au long de sa courte histoire et de moins en moins européenne que ce soit au niveau politique et économique, leur Europe a  ruiné et saigné les peuples par des politiques financières basées sur des bulles d’argent virtuel, que ses banques n’avaient pas en réserve, aux fins d’enrichir les spéculateurs de tout poil.  Aujourd’hui,  les dirigeants des vieilles nations essaient de colmater les brèches dans un navire qui prend eau de toutes parts et ils espèrent empêcher le naufrage inéluctable.  

L'Union Européenne, notre prison

 

 

 

 

Au milieu de ce chaos, les peuples essaient de survivre et de se faire entendre.  A présent, ils ont décidé de prendre leur destin en main et de ne plus dépendre des vieilles structures usées et dépassées qui  n’avaient pour unique but de permettre aux financiers de les exploiter. Tous ces peuples qui ont survécu aux vicissitudes de l’histoire et à l’écroulement successif des  vieilles structures politiques, bien dépassées, sous la coupe desquelles ils ont vécu, réclament aujourd’hui une autonomie politique plus que  légitime.

peuples contre gouvernements

 

 

 

 

Ce qui se passe en Catalogne, en Ecosse, en Flandres, au Pays-Basque montre la voie à toutes les autres nations sans état, à tous les autres peuples qu’un autre avenir est possible.  La libération des peuples et leur droit à pouvoir disposer d’eux-mêmes est la grande promesse du XXI° siècle. Demain, comme ces nations que nous avons citées, la Bretagne, la Corse, le Piémont, Le Val d’Aoste, le canton de Genève, la Savoie et le Comté de Nice pourront à leur tour entrevoir la liberté. Liberté de décider de leurs destins, liberté de parler leur langue, liberté de briser les chaînes qui les maintenaient prisonniers de structures centralisées et policières…liberté de choix, enfin. Demain de nouveaux ensembles pourront voir le jour et de nouveaux pays recouvrer leur souveraineté.

429799_376141309070537_100000240126961_1359652_1110638682_n

Les nations sont éphémères   mais les peuples, eux,  sont éternels.

Saut des français