Découvrir le Comté en marchant !

Est ce que tous les « Nissart » connaissent bien leur pays ?

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Pour sentir l’âme d’un pays, il faut bien  sûr connaitre son histoire, sa culture, voire, nec plus ultra, sa langue mais ce n’est pas vraiment suffisant. Il convient aussi d’avoir parcouru ce territoire de long en large sur les pas de ceux qui ont forgé l’histoire de ce pays. Et plus que partout ailleurs, cela est vrai dans le Comté de Nice.

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Notre pays niçois, pays de montagne, a de tous temps été traversé par des chemins passant de vallée en vallée et sillonnant les Alpes du Sud au Nord. Ces Alpes, que les français considèrent comme une barrière, ont, au contraire, pour nous Niçois, tout au long de notre histoire représenté un lieu de partage et d’échange entre le Duché de Savoie, le Piémont  et le Comté de Nice.  Les bergers, colporteurs et autres contrebandiers ont usé leur souliers sur les pierres qui balisent tous ces chemins de randonnée qui montent et descendent au gré du relief de nos montagnes. Aqui toui lu camin fan que mountà e calà.

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A cet égard, même si, dans notre monde moderne, ces chemins ne sont plus utilisés à des fins de commerce ou d’approvisionnement, ils restent fréquentés par de nombreux randonneurs qui y trouvent leur bonheur et, ce, de façon aisée, puisque pratiquement tous les chemins sont balisés dans le département des Alpes Maritimes, qui englobe notre Comté. Mais, il existait sûrement d’autres voies de cheminement non balisées et non connues du randonneur non averti.

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Un homme de notre pays, Roger BERIO, a eu l’idée de parcourir toutes nos montagnes et nos vallées à la recherche de nouvelles voies non répertoriées. Il a mené ses pas sur des chemins peu fréquenté mais qui valaient le détour, tant la nature est belle en ces lieux presque vierges. C’est ainsi qu’il a répertorié 36 ballades inédites dans un livre qui vient prendre sa place dans la collection « Le Rando Malin » des éditions « Mémoires Millénaires ».

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Il a parcouru des centaines de kilomètres à pied, cherchant la bonne voie (tout au moins la plus aisée pour la majorité des lecteurs qu’il invite à découvrir après lui ces lieux), notant les moindres détails (aussi bien pour s’orienter que pour apercevoir une ruine, une cascade, un oppidum…), calculant les temps de marche, essayant de prévoir quels objets indispensables pour le randonneur il fallait emporter (boussole, jumelles, corde, couteau….) pour tel ou tel parcours.

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Les éditions « Mémoires Millénaires », fidèles à leur démarche, ne se sont pas contentées de nous livrer une liste de pistes nouvelles à parcourir (ce qui serait déjà très bien), mais, nous offre un livre complet qui permet au marcheur de découvrir l’histoire du pays niçois (seuls quatre parcours se situent hors des limites du Comté), une histoire fort bien documentée…même si nous relevons, en deux ou trois occasions, des assertions qui ne sont que des interprétations tendancieuses (il faut dire que l’histoire officielle dont on nous abreuve peut avoir influencer nos amis des éditions « Mémoires Millénaires »). Par exemple, il est écrit qu’en 1793 le Comté de Nice est intégré à la France et que le département des Alpes Maritimes est créé : il eut, plutôt, fallu dire que ce n’était pas une intégration mais une invasion suivie d’une première annexion par les troupes révolutionnaires françaises. Quant au département des Alpes Maritimes, ce n’était qu’un pâle copie de la province de l’Empire Romain des Alpae Maritimae dont Nice, en l’occurrence Céménélum, était la capitale (capitale dont il reste les vestiges autour des Thermes et des Arènes de Cimiez). De la même façon, en 1814, il était plus judicieux de dire, au lieu de « le Royaume de Piémont Sardaigne récupère le Comté de Nice »  que « le Comté de Nice revenait à la mère patrie »  et qu’en 1860, il y eut une deuxième annexion par l’état français. Mais, à part cela, le lecteur aura une vision globale de ce que fut, au cours des siècles, notre pays. Une histoire riche et glorieuse.

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Cependant, il n’y a pas que des annexes historiques dans ce livre…il y a des cartes fort bien faites et très utiles, des conseils pour la randonnée qui nous plaisent car ils invitent à la préservation de la nature et de cette biodiversité naturelle propre au Pays Niçois (bien mise à mal par les promoteurs et autres décideurs), des évaluations précises en terme de durée des différents parcours présentés. Les ballades sont notées en fonction de leur intérêt assorties de petites notes qui agrémentent la découverte de chacune. Le format de ce guide est bien étudié pour ne pas prendre trop de place et se glisser facilement dans un  sac à dos. C’est réellement un guide bien né.

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Alors, si vous aimez ce pays, si vous aimez la nature, si vous aimez la randonnée (ou la balade facile), ce guide est fait pour vous. Pour moins de 15 €, vous allez vous offrir des occupations pour occuper toutes vos fins de  semaine tout au long de l’année à venir. Foncez l’acheter dans toute bonne librairie…et particulièrement, celles qui diffusent les livres sur notre beau pays niçois (vous pouvez avoir leurs coordonnées à la fin de la rubrique « quelques livres » du site ).

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Collection « Le Rando Malin » aux éditions « Mémoires Millénaires » : « 36 balades hors des sentiers battus » 14,70 €.