Quand la bourgeoisie trahissait le peuple

Emparons-nous de notre véritable histoire et faisons la connaître au plus grand nombre.

 

 

Durant la première période d’occupation française (1792-1814) les populations de la  « Countéa de Nissa » ont été réfractaires à l’introduction d’une nouvelle législation car en effet : elles possédaient, avant l’invasion, des privilèges communaux, des avantages dans la gestion des biens communs et des biens d’usages du fait que la propriété privée n’y était pas prépondérante, mais elles pouvaient aussi bénéficier des structures efficaces d’aide sociales aux plus défavorisés, sans parler de l’exercice de toutes les libertés (Démocratiques, Religieuses et Philosophiques).

Avec l’arrivée du Corps Expéditionnaire Français une grande partie du personnel politico-administratif avaient fui (comme une bonne partie de la population d’ailleurs) et les Français ne purent que constater cet état de carence . Les cadres de l’armée française étant surtout requis pour des taches répressives et  ne suffisant pas à assurer le fonctionnement vital des structures de la société, on fit appel à des éléments extérieurs venus de Grasse, Toulon et Marseille pour faire face aux besoins. Il faut, cependant, dire que l’administration coloniale mise en place par Barras et sa « Société des Colons Marseillais » cherchait plus à s’enrichir personnellement avec la complicité du Général Garnier qu’à administrer les affaires courantes de la partie du Comté contrôlée par les troupes d’occupations.
Un certain nombre de Niçois, pour la plupart des commerçants issus de la bourgeoisie, qui jusqu’à présent ne participaient pas à la vie de la cité, y trouveront leur compte, en profitant de la situation.

Il en est même qui feront carrière bien après la Libération, ce qui nous montre que, décidément, l’histoire se répète assez souvent.

Le cas d’André Gastaud, prédécesseur des futurs collabos, est révélateur.

André gastaud
Ce représentant de la petite bourgeoisie a commencé sa carrière dès l’irruption des troupes françaises à Nice , en Septembre 1792 . Né à Nice en 1755, André Gastaud était commis de boutique puis négociant. Ce fils de vermicellier ( pâtes alimentaires) a adhéré immédiatement à la Révolution. Membre de la Société des Amis de la Liberté et de l’Egalité peu après sa création, organisation occulte monté et dirigée par le consul de France à Nice, Gastaud fait rapidement ses classes politiques au sein de cette organisation. Il appartient, désormais, à l’Assemblée « nationale » des Colons Marseillais et espère devenir représentant du peuple dès la mise en place du département des Alpes-Maritimes en 1793.

Administrateur de celui-ci, André Gastaud est aussi membre du Conseil de Surveillance jusqu’au 20 Novembre 1794. En ventôse de l’an trois , au moment de la réaction thermidorienne, animée à Nice par le tristement célèbre Beffroy et son complice Chiappe venus de Paris, son nom est inscrit sur la liste des suspects comme «terroriste et buveur de sang». Incarcéré d’abord à Nice, il est transféré quelques jours après (en compagnie d’autres jacobins comme Tiranty et Chabaud) au Fort Carré d’Antibes. Libéré quelques jours avant la fin de la convention thermidorienne (tout s’achetait), il est choisi par le marseillais Barras pour assumer la fonction de commissaire du directoire exécutif du département, seul élément permanent et inamovible de l’administration de cette collectivité créée par l’état français. Sa position dans l’appareil bureaucratique départemental le met dans une position stratégique pour profiter des tractations concernant en partie les biens nationaux issus de la confiscation des biens des réfugiés niçois dans le Piémont et des biens des congrégations religieuses confisquées. Il en fera d’ailleurs profiter ses protecteurs et ses relations augmentant ainsi le nombre de ses obligés.(NdR: Ceci était l’embryon du système maffieux et clientéliste à ses débuts).

 

Après le rappel de Beffroy, André Gastaud aura  donc élargi son influence sur le département. Il dresse un tableau apocalyptique de la situation afin de régler leur compte aux «Vendémiairistes» qui l’ont persécuté. Le ton de son rapport est très alarmiste: «dans l’ex-comté de Nice, les lois (françaises) sont presque partout méconnues par ignorance ou négligées par mauvaise foi».  Le Quisling niçois ne tiens pas compte que plus de 80 % de la population ignore la langue française. Gastaud se présente aussi comme une victime, un bouc émissaire, persécuté par la réaction et les contre-révolutionnaires de l’An III : « Tout ami de la République était un terroriste, les braves défenseurs de la patrie pour le prix de leurs services étaient qualifiés de terroristes. »

Gastaud qui s’adresse à la bourgeoisie parisienne fer de lance de la politique révolutionnaire et qui n’a jamais mis les pieds dans les Etats de Savoie y va de son couplet: « Le système scolaire est déficient car l’instruction publique a été négligée. Le Français langue unique de la République connaît une emprise médiocre dans la vie quotidienne des Nissarts. L’institution scolaire est confiée à des prêtres (fanatiques ou ignorant – NdR style l’Abbé JP Papon ?) qui méprisent ou ignorent les principes de la république. Ils utilisent le latin ou l’Italien dans leur enseignement. »

Mais ce qui préoccupe le plus André Gastaud dans ces correspondances de l’An IV c’est la résistance des Barbets : « …tout est désorganisé, sauf la haine des Royalistes ( Ceux qui sont fidèles à la couronne de leur pays: La Savoie) et tous ceux qui n’aiment pas la République. Il n’y a que très peu de patriotes en place… Le seul moyen afin d’obtenir une prompte organisation des autorités dans les communes de montagnes est d’empêcher que le royalisme ultramontain y domine et que le barbétisme nous détruise

Les Barbets

 

 

 

Gastaud est alerté par l’évidente insécurité des routes et des chemins ou les intérêts français ne peuvent circuler que sous escortes armées ainsi que par l’inexécution des lois ( réquisitions et conscription) car le barbétisme paralyse par la terreur, l’action de l’administration française. D’autres tiendront le même discours concernant les lois et l’administration du gouvernement de Vichy de 1940 à l’été 1944.

Lalin Fulconis
André Gastaud qui a figuré parmi les abonnés méridionaux au « Tribun du Peuple » de Gracchus Babeuf ( Babeuf fut le premier à dénoncer le populicide Vendéen), tourne sa veste lors de la découverte de la Conspiration des Egaux qu’il considère alors comme « une calamité publique ».

Lâche et opportuniste, il utilise sans vergogne un leitmotiv de la propagande du directoire ; l’amalgame entre Babouvistes- Royaliste (Ancêtre de l’amalgame Hitléro-Trotkyste de 1945). Il écrit :  « On est frappé d’imagination lorsqu’on lit les pièces trouvées chez Babeuf. Les écrits que cet homme faisait circuler dans toute la République prouvent assez sa scélératesse. Je ne crois pas qu’il  ait des partisans dans ce département. Si ce n’est parmi ceux, qui, quoique d’une opinion peut-être totalement contraire à la sienne veulent le désordre et l’anarchie pour rentrer dans les projets de rétablir la monarchie… » En encourageant la répression anti-babouviste André Gastaud devient l’inventeur du « Modérantisme Niçois ».

Exactions de l'armée française
Il est dorénavant un véritable chef de clan qui a mis en place une véritable faction dévoué entièrement à sa personne. (Etrange parallèle avec la politique contemporaine, comme quoi l’histoire de la politique française à Nice se répète.)

Les valeurs républicaines sont désormais ignorées et afin de s’enrichir sans scrupules, il spécule ouvertement sur les biens nationaux dont la vente est source d’un trafic inouï. La révolution est trahie sur l’autel de la corruption généralisée. Cette situations renforce la détermination des populations du Comté de Nice à résister à l’envahisseur.

Le saut des français

On surnomme alors certains cantons de l’arrière-pays montagneux « les petites Vendées ». Pour André Gastaud le canton de Roquebillière est « le repaire de tous les brigands que vomit le Piémont par le passage de la vallée d’Entraigues« . Cette commune est dénoncée comme le lieu de convergence de centaines de réfugiés nissarts qui reviennent au pays pour venir grossir les rangs des Barbets.

Les rangs des résistants grossissent

 

L’autorité départementale assure donc une force armée conséquente afin de garantir la sécurité des « habitants paisibles de ces contrées.« 

Il s’agit la plupart du temps des habitants qui, choisissant de collaborer avec l’ennemi, ont obtenu des responsabilités administratives. Devant la pression, certain comme le commissaire du canton de Roquebillière écriront : « …je n’ai d’autre parti à prendre que de quitter les fonctions de ma place ou de m’attendre à être massacré ». Ironie de l’histoire bien plus tard à partir de la fin de 1943 , un certain nombre de responsables du S.O.L (Service d’Ordre Légionnaire de la Révolution Nationale du Maréchal Pétain), venus de nombreux villages de notre arrière-pays, écriront le même type de courrier à leur responsable niçois. Que ce soit dans le Val de Blore ou dans la Tinée, de grosses unités de Barbets de plus d’une centaines d’hommes se forment, descendent des maquis, frappent , et se dispersent à nouveau. Selon Gastaud : « Le mal est à son comble » et la situation laisse présager une nouvelle guerre avec le Piémont. Les Barbets en veulent surtout aux républicains et cela se retrouve dans les écrits de Gastaud: « pour ne pas êtres dépouillés par ces bandits et peut-être stipendiés, il faut se dire émigrés et n’être accompagné d’aucun qui puisse être reconnu appartenir à l’armée (française) ou être l’ami ou partisan de français« .

Saut des français
Ainsi André Gastaud reconnaît que les Barbets ne sont pas des Bandits de Droit Commun quelconques mais bien des patriotes livrant une guerre de libération nationale sur leur propre sol et choisissant des cibles précises, de véritables résistants.

Insoumis!

Une force armée salvatrice est demandée au Directoire « pour éviter la formation d’une nouvelle Vendée » car le nombre et l’audace des Barbets croit de jour en jour. Même Buonaparte s’en inquiète : « les Barbets désolent nos communications. Ce ne sont plus des voleurs isolés. Ce sont des corps organisés de quatre cents à cinq cents hommes…« 

Un des fait les plus marquants sera l’embuscade tendue par les Barbets au dessus du Col de Tende au Général Dujard et à son escorte de quarante soldats. Malgré une défense efficace et la venue en renfort du poste voisin de Ciais, l’arrivée de plus de deux cents Barbets clot le combat. Le général Dujard est tué, ainsi que son aide de camps, son secrétaire, un officier d’artillerie ainsi qu’un nombre indéterminé de soldats français.

lou drapèu nissart

L’émotion est à son comble dans le camp français et un commerçant jacobin de Nice (un de plus), Antoine Bassi, se lance alors dans une campagne de propagande effrénée contre les résistants niçois.

Il invente même les principes de la guerre de contre-guérillas telle qu’elle sera appliquée dans la guerre d’Algérie.

Il écrit : « il y a un grand nombre de jeunes gens de ces contrées qui se sont accoutumées à cette vie errante et vagabonde et se sont endurcis au crime…excités par leur chef et entretenus par leurs parents qui les aident… » Les partisans de la République lui semblent représenter « une minorité menacée « …il en est parmi les habitants de ces montagnes, dont l’intérêt ou l’inclination pourrait les arracher à la république, mais leur nombre ne peut balancer celui des parents ou amis des Barbets… »

Pour mettre un terme à ce fléau, Bassi propose une solution pionnière pour l’époque : « la colonisation du Comté de Nice par des familles bien françaises en corrélation étroite avec la déportation massive des populations rebelles jugées inassimilables« .

Je ne m’étendrais pas plus sur ces glorieuses pages d’histoire de la guerre de résistance populaire menée contre l’occupant français. Lequel utilisa tous les concepts militaires que l’on retrouvera plus tard utilisés par la république française lors des conflits de la « Décolonisation » de l’Indochine, en passant par Madagascar et l’Algérie. Mais, revenons à la carrière d’André Gastaud: il sera, bien entendu, un des principaux acteurs de la répression et avec une certaine lucidité, il note dans un de ces rapports : « La motivation essentielle des Barbets est la défense des franchises villageoises ancestrales ébranlées par l’intrusion de la modernité étatique…les barbets sont dans l’arrière-pays niçois comme des poisons dans l’eau« .

Le haut pays en résistance

Ils bénéficient de l’appui de l’ensemble des populations autochtones qui leur fournissent renseignements et ravitaillement. L’attitude des population vis à vis du barbétisme est la conséquence directe de l’invasion militaire française.

André Gastaud conserva son poste de commissaire du Directoire des Alpes-Maritimes jusqu’en Germinal an VI (Avril 1798), époque où il fut nommé à la législature et partit pour Paris où il retrouva son ami Barras, qu’il avait connu à Nice et dont il était resté le protégé.

Un ans après, il fut nommé député du département des Alpes-Maritimes. Il sut si bien manœuvrer qu’on le comptât ensuite au nombre des législateurs indépendants au moment du renversement du directoire, et il fut appelé comme secrétaire au bureau de ce conseil après les journées des 28,29 et 30 Prairial de l’an VII

Le 17 juin 1799, à Paris, les Conseils obtiennent un premier succès dans le conflit qui les opposaient au Directoire en invalidant l’élection du Directeur Treilhard comme anticonstitutionnelle. Celui-ci est remplacé par Gohier, ancien ministre de la Justice en l’an II, qui passe pour être jacobin. S’en suit la démission de La Revellière-Lépeaux et de Merlin de Douai menacés de mise en accusation par les Conseils. Barras et Sieyès sont épargnés parce que jugés plus à gauche.

Le citoyen Gastaud fit imprimer à Paris une brochure de 157 pages chez Baudouin, imprimeur du corps législatif, et écrivit quelques articles modérés dans un journal de l’époque « Le Publiciste ».

1er août 1799 (14 thermidor An VII) Paris. Le Conseil des Anciens lève l’interdiction de la liberté de la presse.
18 août 1799 (1er fructidor An VII) Paris. La mise en accusation des quatre anciens Directeurs est repoussée par le Conseil des Anciens par 217 voix contre 214
9 novembre 1799 (18 brumaire An VIII) Paris. Prenant prétexte d’un hypothétique complot terroriste, Bonaparte* déclenche son coup d’Etat
13 décembre 1799 (22 frimaire An VIII) Paris : Le Directoire fait place au Consulat.
André Gastaud ne trouva pas grâce aux yeux du nouveau régime. Buonaparte, qui avait une excellente mémoire, se souvenait sans doute de ses journées de prison à Nice.
Quand ses fonctions de représentant du peuple au conseil des anciens cessèrent, il retourna à Nice, où il mena une vie tout à fait en dehors des affaires politiques s’adonnant aux affaires tout court grâce à l’argent dont il avait su faire son gain durant la période révolutionnaire.

Après la restauration Sarde, il vécut presque continuellement dans son domaine de St Hélène sur les hauteurs de Nice, nourrissant toujours des idées républicaines sans toutefois les exprimer en public.

En 1821, eurent lieu des émeutes et une tentative de coup d’état républicain au Piémont : des libéraux turinois, aristocrates et bourgeois piémontais, en relation avec des officiers de l’armée piémontaise, tentent de contraindre le roi Victor-Emmanuel Ier de Sardaigne d’accorder une constitution. Parmi eux se trouvent le Comte des Savoie-Carignan, Santorre di Santarosa, Carlo di San Marzano, Giacinto Collegno. Ils ont de nombreux contacts avec le futur héritier du trône Charles-Albert de Sardaigne qui a des sympathies pour une monarchie constitutionnelle. En mars 1821, Victor-Emmanuel Ier abdique au profit de Charles-Félix, après les premières émeutes. Loin  de Turin, ce dernier confie le trône, provisoirement et pendant son absence, à Charles-Albert qui immédiatement approuve la constitution. Charles-Félix, qui s’inscrit dans la ligné conservatrice de son frère Victor-Emmanuel Ier est irrité par cet acte. De retour à Turin et avec l’aide des Autrichiens, il éloigne Charles-Albert de la régence, le faisant escorter à Novare par le général De La Tour.

Emmanuel Philibert
Aux cours des premiers jours d’avril 1821, les révolutionnaires tentent une insurrection en faveur de Charles-Albert, mais ils sont défaits, à Novare, en raison de l’intervention de 15 000 soldats autrichiens requis par Charles-Félix. Il faut rappeler qu’à l’époque des émeutes, le gouverneur de Nice était Anibale Saluzzo et il pouvait être assuré de la fidélité du bataillon de Nice à Victor Emmanuel. Ce dernier se rendit d’ailleurs à Nice après l’abdication.

Lorsque lui parvinrent les nouvelles des événements de 1821, André Gastaud partit à minuit de sa campagne et vint à Nice pour voir quel drapeau il devait arborer le lendemain. Quoique cette insurrection fut de courte durée, le vieux Gastaud n’eut pas le temps d’en connaître les résultats car il décéda le 28 Novembre de cette même année.

André Gastaud fut certainement l’inspirateur du chemin politique d’un certain nombre de parlementaires niçois qui furent suffisamment habiles pour manœuvrer leur barque en fonction des remous de l’histoire et firent de longue et paisible carrière tout en préservant leurs intérêts.

 

 

Annexe:

Tout le monde a entendu parler au moins une fois dans sa vie de la délation en France sous l’occupation allemande.

Mais la délation érigée en vertu patriotique ne fut pas une invention du Gouvernement de Vichy.

Loi sur les suspects du 17 septembre 1793 édictées par la  République Française « une et indivisible ».

-Article 2. Sont réputés gens suspects:

1° ceux qui, soit par leur conduite, soit par leurs relations, soit par leurs propos ou leurs écrits, se sont montrés partisans de la tyrannie ou du fédéralisme, et ennemis de la liberté.

2° ceux qui ne pourront pas justifier, de la manière prescrite par le décret du 21 mars dernier, de leurs moyens d’exister et de l’acquit de leurs devoirs civiques.

3° ceux à qui il a été refusé des certificats de civisme.

4° les fonctionnaires publics suspendus ou destitués de leurs fonctions par la convention nationale ou par ses commissaires, et non réintégrés, Notamment ceux qui ont été ou doivent êtres destitués en vertu du décret du 14 août dernier.

5° ceux des ci-devant nobles, ensemble les maris, femmes, pères, mères, fils ou filles, frères ou sœurs, et agents d’émigrés, qui n’ont pas constamment manifesté leur attachement à la révolution.

6° ceux qui ont émigré dans l’intervalle du 1er juillet 1789 à la publication du décret du 30 mars-8 avril 1792, quoiqu’ils soient rentrés en France dans le délai fixé par ce décret, ou précédemment. (L’article 6 sera modifié en ce qui concerne le Comté de Nice : «Tous ceux qui se seront enfuis à l’arrivé des troupes françaises.».)

Il n’y a pas besoin d’accumuler les preuves pour désigner un suspect: la délation suffit.

Tout citoyens s’il veut ne pas être considéré comme suspect doit dénoncer les absents auprès des autorités militaires quels que soient ses liens de parenté.

Les troupes françaises ayant envahi le Comté de Nice en Septembre 1792,  durant un an, ce seront les lois martiales militaires qui s’appliqueront vis-à-vis des populations. Ainsi les Miliciens Communaux, qui défendait leur pays et leur village contre un envahisseur étranger, pris lors des combats étaient mis à mort, ainsi que les civils, femmes, vieillards, enfants qui étaient susceptibles de leurs avoir portés assistance. (En 1870 et en 1914 dans les territoires conquis par les troupes Prussiennes puis Allemandes : le règlement militaire sera identique).

Catarina Ribauda

-Extrait des archives des Alpes-Maritimes.
La Terreur à Nice et la réaction thermidorienne – Documents généraux, notes et références d’archives:
– Beffroy, Représentant du Peuple et ses collaborateurs de la réaction thermidorienne.
– Pétitions des terroristes incarcérés dans la nuit du 10 au 11 floréal an III : Alexandre Berrutti,  Boeuf,  François Brun,  Jean Baptiste et Maurice Guide,  Guigo,  Claude Lombard,  Louis Mares, Louis Antoine Olivier,  Jean Raynaud,  Jean Baptiste Sasserno,  André Serrenne,  Victor Tiranty,  Hercule Ignace Trémois.
– Pétitions des terroristes désarmés et non incarcérés : Jean François Ancessyn  Antoine Ardisson,  Claude Baudoin dit le Borgne,  Barthelemy Bermondi,  Martin Bonnet,  Bouffer,  Caffarel,  Pierre Carlone,  Antoine Joseph Castel ou Castelli,  Joseph Cesa,  Jean Charles,  Jean Baptiste Crousillac, Jacques François Defly,  Jean Derocle,  Jean Dives,  Esmenjaud,
Joseph Fale, Falque ou Falqui,  Feuillet,  Félix Gassin,  Goirant de Levens,  François Gioredan ou Jourdan,  Jean Baptiste Grivel,  Jean Joseph Guigo,  Paul Laty,  Jacques Lebé,  Jean Baptiste Marc, Jean Antoine Maurel,  Pierre Honoré Roassal,  François Rossi, Ignace Roussel ou Rousset,  Joseph Savigny,  Joseph Sazias,  Severin,  Honoré Stevaire, Honoré Taulane,  Sébastien Tombarelli,  Horace Trabaud,  Valinot,  Jean Baptiste Valat,  Joseph Vermond.

– Suspects à Nice (1793-1795)  (lois et décrets contre les suspects – les victimes de la Terreur):
-Suspects des districts de Nice et Puget-Théniers :

Jean Baptiste Ardisson,  Antoine Audibert,  Joseph et Victor Barralis,  Pierre Antoine Baudoin,  Beraud,  Joseph Blanqui, Rose Donaud dite Rosa Bollena,  André Boniface,  Ignace Borea,  J. B. Bourelly ou Borelli,  Vincent Botteri,  André Bottini,  Cristine Bovis,  Stanislas Brun,  Alexandre Casoni,  Benoît Cauvin,  François Coppon,  Alexandre Cornillon,  Jean Louis Cristini,  Seraphin Daprotis, Jean Louis Emeline,  Jean Thomas Fabry,  Jean Baptiste Ferraud, Thomas Feraudi,  Michel Ange Fighiera,  Paul Marie Foncet,  Foucard,  Jean Baptiste Galli,  Louis Garel,  Léonard Gastaud,  Etienne Gaziello,  Jean Ange Gillette,  Xavier Gilli,  Crisostome Giraudi de La Turbie,  Jean Baptiste et Claude Grosson,  Joseph Hebert et Charles Emmanuel Le Changeur, Jean Paul Augustin Lascaris comte de Peille,  Jean Antoine Honoré Léotardi-Bouyon,  Etienne Maillan,  Antoine Honoré Mari,  Jean Baptiste Marin,  Victor Massa,  Joseph Maulandi,  Barthelemy de Orestis,  Pagès,  Pécoud,  Jean Baptiste Penchenat, Gaudence et Joseph Raibaud, César Rayolle,  Louis Ricci,  Charles Damien Robaudi, Barthelemy Roubaud,  Honoré Saint-Pierre,  Thomas Salkela,  Simon Trinch,  Troupenas,  Antoine Spinelli,  François Sibille ou Sibilla,  Honoré Verani-Masin,

-Suspects du district de Menton :

Joseph Albini,  Charles André Julien Amaudrie,  Horace Capponi,  Justinien Carles,  Antoine Ciais, Jean Etienne Clavesana,  Michel Ange Romain et Joseph Faraldo,  Balthazar, Charles, Jacques et Joseph Fornari, Joseph Giraudi,  François Manfredini,  Honoré Marenco,  Jean Baptiste Pascal, Venance et Joseph Martini,  Joseph Mouton,  Horace Pretti et Honoré Mouleon,  Pastore, Françoise et Joseph Raspaldo,  Michel Sautier,  Trenca,  Hercule Villarey,  Pierre Villary.
Il faudra, ensuite,  attendre le mois de Septembre 1943 , pour que, à nouveau, on emploie le terme de terroriste appliqué à ceux qui se battaient contre l’armée Nazi et ses collaborateurs français.

Jean Marc Fonseca