OIN Ecovallée, Plaine du Var, Morne plaine…

« Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, le dernier animal tué alors vous découvrirez que l’argent ne se mange pas. »
Sitting Bull

Au début du XX° siècle, nous étions encore autosuffisant à pratiquement 100 % pour notre approvisionnement en fruits et légumes dans le Comté de Nice. Nous avions un nombre d’agriculteurs en nombre suffisant qui pouvaient, encore, vivre des produits de leur terre, pour nourrir la population de  Nice et du Haut Pays.


Les temps ont bien changé: après deux guerres civiles européennes , une période de reconstruction durant laquelle tout et n’importe quoi a été fait, une période d’euphorie qui commandait de consommer sans fin, donc, de produire à n’importe quel prix, une restructuration des modèles de distribution qui a amené le développement  de grandes surfaces à taille inhumaine, une politique européenne de l’agriculture incohérente, nous sommes contraint, aujourd’hui, à importer, dans notre Pays Niçois, 90% de nos besoins alimentaires en fruit et légumes.  Comment a-t-on pu en arriver là?  Le développement d’une mono industrie touristique, associé à l’appât du gain immédiat, a produit des effets catastrophiques: destructions de sites naturels, bétonnisation à outrance, spéculation foncière et immobilière par la main mise des promoteurs sur notre territoire…


Naturellement, cela n’a épargné aucune zone et notre grande plaine alluvionnaire du Var a déjà payé un lourd tribu à la modernité.  Le développement des stations de ski l’a profondément transformée par le besoin d’avoir des voies de circulation de plus en plus grandes. L’implantation de grandes surfaces commerciales a largement empiété sur les surfaces agricoles. Et, aujourd’hui se présentent des tas de projets qui vont contribuer à diminuer un peu plus les terres cultivables. OIN (Opération d’Intérêt national), Ecovallée, Grand Stade, etc…

A l’heure, ou le monde se trouve dans une période de crise et que les ressources alimentaires vont se raréfier, il nous paraît étonnant de ne pas développer l’agriculture de notre pays. Comment est il pensable, alors que nous pourrions les produire ici, d’aller acheter des tomates du Maroc, des oranges d’Israël ou des Haricots Verts du Kénya ? Sans compter que cela est à contre courant des préoccupations actuelles sur la réduction des dépenses énergétiques et de la pollution (le bilan carbone est mis a mal par les transports nécessaires pour faire venir ces produits). Sans compter que cela nuit à la création d’emplois: de nombreux jeunes agriculteurs voudraient bien s’installer ici mais ne trouvent pas de terres. Sans compter que la cuisine du terroir a besoin des produits du terroir: les grands chefs s’inquiètent de la disparition de cette agriculture spécifique. Sans compter, enfin, que la traçabilité, nécessaire à une bonne nutrition pour une bonne santé, est loin d’être assurée.

Nous avons voulu, pour toutes ces raisons, vous présenter un dossier argumenté sur le devenir de cette plaine du Var, qui nous préoccupe beaucoup à « Racines du Pays Niçois ». Pour cela notre président et rédacteur en chef, Robert Marie MERCIER, est allé à la rencontre de deux Niçois qui sont en pleine immersion  dans le débat sur la Plaine du Var: Michel GASIGLIA, porte parole de l’OIG plaine du Var et Nadège BONFILS, coordinatrice du Collectif OIN Plaine du Var. Nous aurons ainsi deux avis autorisés sur cette question.

Rencontre avec Michel GASIGLIA:

Le président de Racines du Pays Niçois a rencontré Michel Gasiglia, porte parole de l’OIG plaine du Var. Celui-ci, issu d’une vieille famille Niçoise, fonctionnaire de l’état français,  a bien précisé en préambule que le combat qu’ils menaient se situait sur le plan patrimonial. Il était accompagné de Michel Fouilloux.


Robert Marie Mercier : Bonjour, Michel Gasiglia. Vous êtes le responsable de l’OIG Plaine du Var et nous aimerions à « Racines du Pays Niçois » avoir un aperçu de ce que vous faites. Tout d’abord, la question que l’on se pose est la suivante : est ce que l’agriculture a encore sa place dans la plaine du Var ?
Michel Gasiglia :Je vais vous dire mon sentiment profond : beaucoup de gens ne croient plus à l’agriculture dans la plaine du Var, même les agriculteurs, mis à mal par la politique agricole, n’y croient plus. C’est pourquoi, nous, nous nous battons pour un projet qui permette que l’agriculture soit rentable.
Par l’accession aux terres par exemple ?
Il faut que tous les acteurs collaborent que ce soit la Région, le département, la communauté urbaine, etc. Tous doivent se sentir solidaires.
Une solidarité avec ceux qui vivent de cette agriculture ? Par exemple en favorisant la création d’AMAP ?
Certes les AMAP sont un bon exemple et il y a actuellement une mobilisation du monde paysan pour ce type de structure. Il y a de nouvelles solutions qui existent.
Ne pensez vous pas qu’il faudrait mobiliser tous les gens qui se battent pour ce pays, aussi bien dans le domaine de la culture, de l’environnement, de l’enracinement ?
Nous pensons, pour notre part, qu’il faudrait que les principaux décideurs se donnent vraiment les moyens de traiter les problèmes. Il nous semble que ce n’est pas le cas. Exemple : lors de la mise en place de ce projet OIN on a oublié d’y inviter la Chambre d’Agriculture. De toute évidence, les décideurs ne tiennent absolument pas compte de cette activité agricole.
D’où l’intérêt de mobiliser large pour mettre en place des groupes de pressions afin d’infléchir la position de ces décideurs.
Monsieur Estrosi et Monsieur Ciotti m’ont dit que je n’étais pas qualifié pour parler de ce projet. Les Citoyens que nous représentons sont tenus pour quantité négligeable.
Mais si on continue de limiter le combat au niveau institutionnel, cela est relativement limité. Ne pensez vous pas qu’il faille mobiliser plus largement ?
Bon, il faut faire un travail prospectif dans le cadre imparti. Il est un fait que demain il faudra encore manger et produire des aliments de qualité pour notre santé tout en évitant des transports inutiles (bilan carbone, etc.) Vous savez,  l’Etat se préoccupe comme nous de la situation afin de stopper l’hémorragie des terres agricoles.
Je suis bien sûr tout à fait d’accord avec les problèmes de pollutions induits par les transports, le bilan carbone, la traçabilité et le maintien des emplois agricoles locaux car il est évident qu’il vaut mieux produire sur place sur les lieux de vie des consommateurs
J’avais émis l’idée d’une consultation de la population pour savoir si elle désirait, comme nous, une agriculture vivante ici. Vous avez raison quand vous dites qu’il faut élargir le champ d’action, ceci est l’affaire de la population. C’est à la population de dire si elle veut toujours des tomates Niçoises et des courgettes Niçoises…De même,si on laisse vendre les terres agricoles au plus offrant cela va à l’encontre de l’intérêt général.
Nous en venons donc au label qualité ?
Oui, c’est sûr, nous avons des produits de qualité et il faut, surtout, exercer une surveillance au niveau de l’approvisionnement des maraîchers (Certains revendeurs « Bio », par exemple, se fournissent directement au MIN).
Actuellement, dans les milieux Niçois, ça bouge pas mal sur ce sujet. Envisagez vous de vous unir à eux pour être plus forts dans ce combat ?


Nous ne sommes, bien entendu, opposés à personne. Certes, l’Union fait la force. Mais, nous, pour notre part, nous nous sommes engagé dans une démarche pragmatique qui veut aboutir : organisation du foncier agricole, obtenir des subventions de la région et enfin, nous voulons être reçus par Ciotti et Estrosi pour leur faire entendre une parole libre.
Mais, chacun d’entre nous, avec nos associations, nous ne représentons qu’une infime partie de la population. Ensemble, nous pourrions représenter beaucoup plus.
Mais nous représentons déjà tous nos adhérents, cela fait plusieurs centaines.
Mais les autres  associations aussi. Cela fait quand même peu de monde, chacun dans son coin
Nous pensons que nous représentons une bonne partie de la population et c’est pourquoi nous pouvons porter cette bonne parole. Bien sûr, nous ne sommes pas opposés au partage et c’est pour cela que nous acceptons de répondre à vos questions. Nous voulons, simplement, démontrer que notre vision des choses est largement partagée.
Les autres associations, aussi, représentent avec leurs adhérents une partie de la population et estiment qu’elles ne sont pas entendues. D’ailleurs le fait que Ciotti et Estrosi ne vous reçoivent pas montre bien  que le rapport de force est en leur faveur. J’ai l’impression que vous voulez vous battre tout seuls.
Nous ne voulons pas, sans doute par fébrilité, nous engager dans  une démarche dont le moteur serait la contestation et  non pas la recherche de solutions pragmatiques. Nous nous efforçons de nous appuyer sur des éléments très vérifiables, avec une démarche aussi rigoureuse que possible, pour qu’on ne puisse pas, d’un revers de manche, nous dire : « vous n’êtes que de doux rêveurs, vous plaisantez, etc. » Nous voulons faire la démonstration que notre discours a la capacité à s’inscrire dans la réalité dans des temps courts. Et puis, il faut être réaliste : on ne va pas revenir en 2011 à la plaine du Var de 1970, c’est clair.
Je pense que tout le monde est réaliste et ne veut pas tout foutre en l’air. Et, c’est pourquoi on peut décider d’arrêter de construire des bâtiments mégalomaniaques qui ne serviront à rien (tel le stade supermarché) qui vont endetter la population et ne feront qu’engraisser les promoteurs tel Vinci.
Pour nous, il n’y a rien à faire. C’est parti, on ne peut rien faire et il faut l’accepter.
Mais en baissant les bras et en laissant faire sans rien dire, cela va les encourager à présenter d’autres projets et à construire  encore. Après le stade, la grande route, puis les grandes surfaces, etc.
Cette fameuse route dont vous parlez, le Boulevard Slama, a vocation, à tort ou à raison, à être prolongé. Se battre contre cela, est un combat d’arrière garde. Il y a tellement à faire par ailleurs pour sauver ce qui reste des terres agricoles (250 Ha environ dans la plaine du Var). Si nous arrivons à aire en sorte que ces 250 Ha soient mis en activité pour l’agriculture, ce sera, pour nous, une grande victoire. Il faut se polariser sur ces 250 Ha. Et si ces terres restent à la production agricole ce sera héroïque.
Mais s’ils mènent leur projet à terme (stade et route) si nous ne disons rien, ne pensez vous pas  qu’ils vont continuer, devant un tel silence, leur œuvre destructrice ?
Non, non, pas forcément. Ce sont des problèmes différents à mon avis. Et puis, vous allez contrarier les amoureux du foot. De plus, il y a des engagements nationaux pour la coupe d’Europe. Alors, si on me demande si ça me fait mal au cœur de voir toutes ces belles terres agricoles bétonnées, je répondrai « bien sûr, ça me fait mal au cœur » mais il arrive un moment u il faut être réaliste. Mon combat porte sur les 250 Ha restant et pas sur le stadium.
Donc vous vous battez pour 250 Ha ?
Oui, c’est l’enjeu que nous nous sommes fixé et l’atteindre sera une grande victoire pour nous.
Donc, vous ne pensez pas qu’une mobilisation formelle contre ces projets pourrait servir le combat que vous menez pour ces 250 Ha ?
La vraie garantie de la conservation des terres agricoles est la détermination de l’Etat Français marquée par la loi de modernisation agricole qui va mettre un coup d’arrêt à la disparition des terres agricoles. Et, il y a, aussi, une réflexion liée au Grenelle de l’environnement qui fera respecter ces dispositions pour les terres agricoles.
Vous mettez le doigt sur le problème de la politique française que nous subissons depuis 151 ans alors qu’auparavant nous n’avions pas ces problèmes d’approvisionnement.
Non, c’est un autre temps et on ne peut y faire référence. Et si nous n’avions pas appartenu à la France, nous aurions appartenu à l’Italie. On ne refait pas l’histoire. (Nous remarquons au passage quelques contrevérités dans l’air du temps comme de dire que nous aurions été Italien alors que l’Italie n’existait pas et que si, en 1860, le Roi de Piémont Sardaigne avait simplement abandonné sa souveraineté sur le Comté, celui-ci serait redevenu libre de choisir son nouveau souverain- NDLR)
Mais, cela aurait il été si terrible ? Quand je vais en Italie, aujourd’hui, je vois des serres partout au dessus de Vintimille (pour prendre un exemple similaire de l’autre côté), je peux acheter des fruits et légumes de qualité du coin, et non pas importés, à des prix abordables et, surtout, je ressent là bas une impression de liberté plus grande qu’en France.
C’est un autre état. Il y a une forme de travail différente et surtout beaucoup de travail » au noir », et moi, je fais confiance à l’état Français et au Grenelle de l’environnement. Finalement, c’est à la population de dire ce qu’elle veut et, si elle veut  2 ou 3 stades dans la plaine du Var, il faut leur faire 2 ou 3 stades.
Mais pensez vous sincèrement que la population a réellement son mot à dire quant à la construction d’un stade. A ce sujet, les supporters avaient souhaité que l’on reconstruise le vieux stade du Ray (comme cela se fait dans de nombreux pays) et on n’a absolument pas tenu compte de leur avis. Est-ce que la population peut émettre des avis suivis d’effets sur les projets prévus au niveau politique ?
Mais il y a pour cela les élections. Alors, c’est vrai que la population n’est pas éclairée et qu’elle n’a pas souvent l’occasion de s’exprimer. D’autant que les sujets essentiels ne sont pas abordés lors des campagnes électorales. Et cela, nous souhaitons le dire à Estrosi et Ciotti s’ils veulent bien nous recevoir.  Nous avons constaté que notre combat les contrarie, mais, nous ne voulons pas nous lancer dans un combat utopiste comme certains. Et, en plus, vous devez savoir qu nous avons fait un travail de réflexion. A l’heure qu’il est, notre démarche, elle, ne refuse pas une certaine solidarité avec les combats des autres associations, mais elle est essentiellement centrée sur les décideurs et nous voulons démontrer que des démarches innovantes peuvent permettre de mettre en œuvre des projets concrets dans la plaine du Var.
Donc, en résumé, votre combat actuel se limite aux 250 Ha à sauver dans la plaine du Var ?
Oui, on peut dire cela : c’est notre combat essentiel.
Et bien, Michel Gasiglia, Merci.

(* en pièce jointe à la fin de cet article la lettre envoyée par M. Gasiglia à C.Estrosi et E. Ciotti)

Voilà déjà un premier point de vue qui semble ne vouloir s’inscrire que dans une perspective se réduisant à essayer de sauver les quelques terres cultivables qui restent en faisant abstraction de tous les autres problèmes. Ce combat est tout à fait louable mais nous semble, dores et déjà mis à mal par les récentes déclarations de C. Estrosi, dans la presse régionale (Nice Matin du 16/9/2011) déclarant vouloir préserver l’agriculture: « Au départ, il était prévu 90 hectares d’espaces agricoles, nous avons finalement fixé la barre à 145 hectares. On peut en discuter, mais je ne descendrai pas beaucoup plus bas. » Aux dernières nouvelles, l’OIG Plaine du Var n’a toujours pas été reçu par Messieurs Estrosi et Ciotti.  Nous suivrons avec attention la suite qui sera donnée à ce dossier. Nous allons vous livrer un autre point de vue, tout aussi respectable.

Rencontre avec Nadège BONFILS:

Le président de l’Association « Racines du pays Niçois » est allé à la rencontre de Nadège BONFILS, Niçoise, fille et petite fille de Niçois, qui a entrepris une véritable croisade pour sauver la terre de son pays de l’hypertrophie du béton.


RMM : Nadège Bonfils, Bonjour. Je vous remercie de m’avoir accordé quelques instants pour avoir votre point de vue sur l’aménagement de la plaine du Var et ainsi présenter un dossier complet sur ce sujet.
NB : Non vous n’avez pas à me remercier, cela me fait plaisir de vous rencontrer, même si nous avons eu du mal à nous joindre, en premier lieu à cause de nos activités respectives assez prenantes et deuxièmement à cause de mon téléphone mobile qui fait des siennes en ce moment
Bien, vous êtes la porte parole du collectif OIN Plaine du var qui se bat pour faire entendre les voix des habitants de cette région ?
Pas exactement. Si je suis effectivement porte parole de ce collectif, je ne suis pas la seule car nous avons choisi l’option de laisser tous les membres du collectif s’exprimer, donc d’être des portes paroles de celui-ci. En revanche, je suis bien la coordinatrice de ce mouvement citoyen.
Je crois savoir que vous êtes Niçoise et fière de l’être, ce qui, sans doute, motive votre engagement ?
En effet je suis native de Nice et cela fait déjà quelques générations que nous vivons sur et aimons cette terre. Ma famille se trouvait à la Corniche Fleurie et c’est là que j’ai grandi. Bien sûr, comme tout Niçois digne de ce nom, j’ai aimé cette terre de façon charnelle et en voyant ce qu’on lui faisait subir, je ne pouvais que m‘engager pour défendre la terre et les hommes de ce pays.
Alors, ce collectif, comment est il né et quand ?
Oh, c’est tout récent. Si j’ai eu des engagements antérieurs, les sujets ne manquent pas, la mise en place de l’OIN (Opération d’Intérêt National) Plaine du Var, induisant les projets Ecovallée et grand stade, par les responsables politiques locaux m’a amené avec quelques connaissances en phase avec moi à provoquer une réunion qui allait déboucher sur ce collectif. Cette réunion a eu lieu le 4 février 2011 sur le Campus Saint Jean D’Angely et nous y avions convié aussi bien des individus motivés que des associations. Nous avons eu la chance d’avoir présente à cette première réunion Michèle RIVASI, député européen et responsable du CRIRAD (Comité de Réflexion et d’Information sur les Rayonnement Radioactifs). Pour cette première réunion il y avait tout de  même 250 personnes dans la salle. Nous avons, d’entrée, mis les points sur les « I » en précisant que nous n’avions aucune motivation politique de quelque bord que ce soit. Et s’ensuivit un débat libre pendant cette soirée.
C’est d’autant plus important et intelligent de n’engager ce collectif dans aucune voie politique (au sens politicien du terme, bien sûr. NDLR) que la presque totalité des responsables politiques partagent un vision identique du développement et de l’aménagement du territoire : ils ne se battent que sur des détails ou la manière d’y parvenir. De plus cela vous permet d’être ouverts à tout le monde. Enfin, cela permet d’avoir les coudées franches sans risque d’être freinés par des consignes de parti.
Exactement, comme je vous le disais, nous avons engagé un débat libre, chacun pouvant s’exprimer et apporter son point de vue. Nous avons engagé un véritable débat citoyen. Cela nous a permis également de multiplier nos contacts afin de nous développer et de grandir.
Depuis, Février, date de la création du collectif, vous avez tenu des réunions, vous avez augmenté le nombre de vos membres ?
Oui, nous avons eu une réunion du collectif à 15 personnes en Avril-Mai et actuellement nous réunissons  60 personnes pour les réunions d’échanges. Mais, en dehors des réunions, il y a 150 personnes qui échangent régulièrement (Téléphone, Internet…).
Mais, n’est ce pas difficile de faire des réunions à 60 ? Pensez vous que cela soit vraiment efficace, puisqu’il faut réagir vite dans l’action ?
Effectivement, c’est pourquoi nous sommes en train de constituer un bureau afin de ne pas paralyser l’action du collectif et être totalement efficace. D’autant que la composition du collectif englobe des associations et souvent avant de prendre une orientation les représentants de ces associations doivent en référer à leur base.
Ou ce sont déroulées ces réunions dont vous parliez ?
Il y a eu des réunions à Nice, puis en Mai à Saint Jeannet sans oublier la conférence de presse que nous avons convoqué sur le site du futur stade envisagé par la mairie de Nice Nous sommes allé, aussi, porter notre point de vue au conseil municipal de Nice, par trois fois dont le 22 juillet, lorsque le grand stade était à l’ordre du jour, et cela a été un peu chaud. Cependant nous avons pu distribuer nos papiers à la presse et nous avons été interviewé par celle-ci, après avoir été expulsé par les « gorilles » du Maire.


Votre action consiste en quoi actuellement ?
Nous avons déterminé trois axes prioritaires pour la plaine du Var :
1) informer les gens : organiser des débats dans les communes car peu de gens savent ce qui se prépare.
2) mener une action juridique : Car un commune n’a pas le droit de mettre en place un projet en le déclarant  OIG (Opération d’Intérêt Général)
3) Action symbolique : aussi importante que le reste, car on ne peut les laisser faire sans rien dire. Il faut constamment présents.
Enfin, nous essayons d’être présents partout pour faire passer le message : réunions d’associations, manifestations organisées, fêtes de village, etc. Il y a plein d’action à mener afin que la presse ait quelque chose à se mettre sous la dent. Ainsi nous allons aller au Forum Social, puis soutenir un agriculteur qui doit être expulsé.
Mais votre action a porté essentiellement contre Estrosi et Ciotti ?
Nous n’avons pas de cible privilégiée : notre philosophie est de réagir quand on touche  la vie des gens d’ici…et peu importe le bord politique de l’élu qui veut dégrader la qualité de vie des habitants de ce pays. Et, pareillement, quand la démocratie est bafouée.
Vous nous avez parlé des axes qui guident votre action : quels sont les sujets sur lesquels porte cette action ?
C’est assez simple finalement, nous avons trois sujets qui nous tiennent à cœur et qui sont tous les trois sujets prioritaires concernant cette Plaine du Var. Le premier, concerne la défense des agriculteurs (accès à la terre, faire cesser la pression des élus et des promoteurs, accès à l’eau pour leurs cultures). Le deuxième concerne la biodiversité : il faut savoir que cette plaine du Var est une formidable réserve d’oiseaux (qui viennent nicher dans le delta) et qu’elle contient une grande variété de végétaux à protéger aussi. Enfin, nous voulons que soit pris en compte le problème de l’eau (débit du fleuve, alimentation des habitants, utilisation pour les cultures). Nous voulons que soit préservé le bien commun et, à ce sujet, les trois points d’ancrage précédemment cités sont fondamentaux pour nous. Il faut quand même se souvenir que, pendant la guerre, les Niçois ont pu se nourrir grâce aux récoltes de la Plaine du Var.


C’est vrai que nous avons la chance d’avoir, dans notre pays de montagnes, cette grande plaine alluvionnaire et les politiciens sont en train de laisser détruire cette richesse naturelle : le monde est dans une période d’instabilité notoire, nous ne savons pas de quoi demain sera fait et si nous pourrons nous nourrir correctement, mais on abandonne nos terres agricoles aux promoteurs (Vinci fait main basse sur la Ville).
C’est tout à fait vrai et c’est pourquoi nous remettons en cause l’utilité du Grand Stade et sa construction. Nous le remettons en cause juridiquement, parce que le dossier d’enquête publique tel qu’il a été fait n’aurait jamais du être validé par le commissaire enquêteur car l’autorité environnementale n’a pas  validé  l’étude d’impact. Nous sommes en train de blinder le dossier de recours car la loi n’a absolument pas été respectée en la matière. Nous remettons en cause également les structures routières prévues parce que les solutions que l’on nous présente font que, d’après la simulation sur ordinateur que l’on nous a présenté, deux heures avant un match tout est saturé alentour, même avec les bus géants dont on nous parlé. A ce sujet, d’ailleurs, pour transporter les spectateurs qu’ils attendent dans ce stade, il faudrait prévoir au moins 200 bus.
Mais, en tant que Niçoise, vous voulez priver le club Niçois, le « Gym » qui est une institution ici, d’un outil performant ?
Pas du tout, bien au contraire, en tant que Niçoise, je défends le site du Ray qui représente l’identité de ce club, de cette ville et des supporters. Quand j’étais petite, je me partageais entre la Corniche fleurie à l’Ouest ou vivaient mes grands parents et le Vallon des Fleurs ou vivaient mes parents et le stade du Ray on y allait: je me souviens des gens qui se rendaient au stade à pied, c’était la vie des habitants du quartier, l’existence des commerçants du quartier et  l’identité de ce quartier Je défends d’autant plus la réhabilitation de notre vieux stade que le coût des travaux serait nettement revu à la baisse. Il faut savoir que, là ou la construction du  nouveau stade Vinci/Estrosi va revenir à 270 millions d’Euros, nous pouvons faire réhabiliter notre stade mythique du Ray pour 55 millions d’Euros seulement, si je puis dire.
C’est d’ailleurs ce qu’ils on fait ailleurs, à Valenciennes, par exemple, le nouveau stade est semi enterré sur le site de l’ancien avec parkings intégrés en dessous (comme à Monaco) et il ne défigure pas le paysage urbain. Quand on veut, on peut !
En fait ce projet de grand stade est fait pour les touristes qui vont arriver en yacht quand ils auront bétonné le Port de Cagnes sur mer au Cros. Mais le pire c’est le coût de ce nouveau stade: on a compté 270 millions d’Euros sans les dépenses induites c’est à dire fonctionnement et manque à gagner à régler par la ville si le stade n’est pas rempli d’au moins 22.000 spectateurs. C’est le contribuable Niçois qui va payer pendant des années.
Mais dites moi, il y a quand même eu des études de faites, des experts indépendants consultés avant d’attaquer ces travaux ?
Et bien, normalement, lors d’une enquête publique, l’étude d’impact, d’après le code de l’environnement,  prévoit un état des lieux avant de démarrer un chantier, un état des lieux pendant les travaux et un état des lieux après la fin du chantier pour savoir si il ya  des zones de terrains à réhabiliter. Dans ce cas précis, rien de  tout cela. En ce qui concerne les zones Natura 2000, ce qui est scandaleux c’est qu’aucun expert n’a été consulté comme les règlements européens le prévoient et ce n’est qu’un simple technicien qui a dit qu’il n’y avait pas lieu de détruire les espèces que l’on trouvait ici dans la mesure ou on les retrouvaient ailleurs en France.
Si j’ai bien compris: on préserve en France mais on peut détruire dans le Comté de Nice. Rien n’a changé sous le soleil.
Oui, et ce n’est pas tout, en dehors des espèces animales qui vivent et nichent dans cette plaine du Var, il y a ,aussi, le problème de l’eau: pour ne pas être emmerdés, ils se réfèrent à la loi de 1992 alors que la loi actuellement en vigueur, beaucoup plus contraignante, est celle de 2000. Et, cerise sur le gâteau, la commissaire environnementale n’a pas validé l’étude d’impact: elle en a signalé les points faibles et c’en est en resté là. On aurait même pas du soumettre , en l’état actuel le dossier à l’enquête publique: il est illégal en soi.
Vous me parlez de points de droit très importants: votre collectif travaille-t-il avec des avocats, des homme de loi ?
C’est évident que nous avons des contacts avec des juristes au niveau national, entre autre le cabinet Huglo-Lepage, à Paris, qui s’est fait une spécialisation de ces problèmes environnementaux parce qu’il nous fallait un appui national. Et, ici, nous avons un conseil, Maitre Pierre Paul Dana, de la Tour sur Tinée, qui va nous aider à déposer nos recours au tribunal administratif. Nous sommes bien entourés au niveau juridique. Je peux vous assurer que nous ne lâcherons pas l’affaire.
Des projets en vue, en dehors de celui là qui doit bien vous occuper ?
Oui, nous envisageons une réunion anti G20 car tout est lié: nous ne voulons pas que l’agriculture, en général, et la Niçoise en particulier, soit entièrement sous la coupe des grandes multinationales agro-alimentaires.
Bon, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter du courage pour votre action d’intérêt public et de rameuter le plus grand nombre afin que l’agriculture Nissarde soit préservée.
Oui, je vous remercie d’avoir bien voulu nous écouter et pour ceux qui veulent nous rejoindre, c’est, somme toute, assez simple. D’abord sur notre Blog: collectif-oin-plaineduvar.over-blog.com , ensuite, sur notre boite de messagerie: collectifoinplaineduvar@gmail.com et enfin sur notre page facebook: collectif oin plaine du var. Plus nous serons nombreux à vouloir défendre notre patrimoine environnemental, notre agriculture et notre santé par une nourriture saine, plus nous aurons de chances d’aboutir.

Ce deuxième point de vue procède d’une toute autre démarche. Il semblerait que les tenants du Collectif  OIN Plaine du Var aient une démarche englobant tous les problèmes et veulent passer par la voie juridique pour faire arrêter des travaux dont les procédures de démarrage  ne présentent pas, semble t il, toutes les garanties légales prévues par le législateur.  Nous suivront leurs démarches avec un intérêt particulier.

Nous avons relevé deux articles très intéressants dans deux sites différents. Nous vous en donnons un échantillon ici et vous pourrez lire ces deux articles par le lien que nous faisons sur leurs sites respectifs.

Lu dans le site « Métamag »:

La France va aussi avoir ses sans-terre

Le collectif de défense des terres fertiles s’organise dans le Midi

La région Provence Alpes Côte d’Azur est le plus grand jardin à fruits et légumes de France. A titre d’exemple, l’agriculture varoise, seule, dégage un chiffre d’affaire annuel de 610 M€ et génère 38 000 emplois. Or, la région dilapide ses terres fertiles au profit de l’urbanisation ou de tous autres usages stérilisants. 3 000 hectares de terres agricoles disparaissent chaque année, alors que la superficie agricole ne représente déjà plus que 22% du territoire régional, contre 52% au niveau national. Sur 74 000 fermes en 1970, il n’en restait que 20 000 en 2007 []


Lu dans le site « Agoravox »:

Que c’est bio la vie !

Si l’on considère que la FAO avait déjà déclaré, dans un moment de cynique lucidité, que la planète pouvait nourrir l’entièreté de sa population en culture biologique, puis que dans la ligne, l’ONU vient de suggérer que la production alimentaire mondiale pourrait doubler en dix ans grâce aux techniques naturelles de l’agroécologie dispensée de chimie et de pesticides, on ne peut qu’en conclure que nous avons été abusés depuis plus d’un demi-siècle, le temps nécessaire pour une intoxication inutile de nos paysages, de notre biodiversité et de nos corps []


Voilà, il faut, à présent, diffuser le message en incitant vos connaissances à lire cet article et, à leur tour, le faire lire au plus grand nombre. Tout se trame dans notre dos et si nous ne nous bougeons pas, demain, il sera trop tard.


Nous vous signalons que l’association « Racines du Pays Niçois » organise un diner-débat le vendredi 14 octobre 2011 à partir de 20H00 au restaurant « La Feniéra » dans le Vieux Nice sur le thème « Basta de betoun ! Sauvons notre Patrimoine » (adhérents: 22 €, non-adhérents: 25 €) Inscription en envoyant votre participation à Racines du Pays Niçois, 8 rue Antoine Gautier, 06300 Nissa. Pour d’autres renseignements, nous contacter par mail: association@racinesdupaysnicois.eu

Pièce jointe:

Saint-Laurent-du-Var, le 8 juin 2011

Lettre ouverte à :

Monsieur Eric Ciotti, Président du Conseil Général des Alpes-Maritimes

Monsieur Christian Estrosi, Président de la Communauté Urbaine Nice Côte d’Azur

Messieurs les Présidents,

Monsieur Christian Tordo, Président de l’EPA de La Plaine du Var, a bien voulu répondre favorablement à notre demande ; il nous recevra à la fin du mois de juin, au siège de l’EPA.

Des interlocuteurs incontournables

Il reste que vous êtes, Messieurs les Présidents, les deux principaux décideurs de notre département et en tant que tels vous êtes des interlocuteurs incontournables.

Nous savons bien que rien ne se fera sans votre aval et votre volonté. Nous pensons cependant que vous avez aussi la responsabilité d’entendre les réflexions désintéressées des citoyens organisés en associations.

C’est pourquoi, nous vous avons adressé un courrier le 29 avril 2011 qui exprimait nos préoccupations touchant à l’agriculture dans le périmètre de l’ « ECO-VALLEE » et sollicitait une audience auprès de chacun de vous.

La communication sans le dialogue

Un mois a passé mais aucune réponse ne nous a été faite. Ce silence nous paraît en décalage avec la volonté de communiquer que vous affichez largement sur de nombreux sujets dans les médias.

Nous avons été attentifs à vos déclarations récentes.

Monsieur Ciotti, vous affirmiez lors d’une visite au CREAT : « Malgré les esprits chagrins qui annoncent sa fin, je tiens à dire que l’agriculture a toute sa place dans la plaine du Var. Une agriculture ni passéiste, ni passive, mais innovante […] » (Nice-Matin du 06/05/2011).

Nous ne savons pas bien qui étaient « les esprits chagrins » que vous désigniez ; nous ne savons pas bien non plus en quoi le MIN déplacé sur le site du CREAT sera un atout pour notre agriculture.

Nous nous associerons cependant à votre optimisme dès lors qu’il s’appuiera sur une démarche volontariste et un programme opérationnel clairement défini et à la hauteur des enjeux.

Monsieur Estrosi, nous avons été solidaires de votre prise de position en faveur du bio dans la restauration scolaire de la ville de Nice. Nous nous interrogeons cependant sur la manière dont vous allez mettre en phase la montée en puissance de la demande et les capacités d’approvisionnement locales. Nous sommes bien sûr impatients de connaître votre stratégie et vos projets.

Nous avons aussi été ravis de vous entendre flatter la « fraise de Carros », carte de visite internationale, référence patrimoniale ; mais aussi, dépités par le quitus donné à l’abandon total de l’activité agricole au Plan-de-Carros.

En toute logique si la fraise est si précieuse à l’image de la commune de Carros, comment peut-on la sacrifier sans remords ni préjudices ?

En bref, les petites phrases distillées au cours de diverses manifestations si elles entretiennent quelquefois l’espoir, quelquefois aussi, la polémique, ne nous permettent pas de dégager les perspectives capables d’assurer la pérennité d’une production agricole de proximité et de qualité susceptible de satisfaire de façon significative la demande de la population de la future métropole.

Vous ne pouvez pas ignorer que le bilan des installations et des cessations d’activité agricole présente un solde négatif en 2009 (source : chambre d’agriculture).

Citons quelques chiffres à titre indicatif : -33 en horticulture, -27 en maraîchage, dans le département des Alpes-Maritimes. La situation n’est pas meilleure dans la plaine du Var où beaucoup de terrains agricoles sont en déshérence.

Or, de jeunes agriculteurs sont en quête de foncier pour créer leur exploitation ou pour la développer. Vous avez certainement lu dans les Nice-Matin du 6 mai et du 24 mai leurs éloquents témoignages.

Nous avons la conviction qu’il n’y aura pas d’ECO-VALLEE crédible sans l’agriculture périurbaine bien vivante que les consommateurs/citoyens appellent de leurs voeux.

L’agriculture connaît des bouleversements majeurs au plan national ; elle est aussi fragilisée dans notre département. Il y a bien un avenir pour les productions agricoles locales à condition de mettre en place un pilotage vigoureux, dynamique et spécifique à l’agriculture.

Cette initiative vous revient. Conduite en synergie autour de l’Etablissement Public de La plaine du Var, avec la chambre d’agriculture et avec l’ensemble des communes de l’OIN ; mais aussi avec les citoyens, dont nous portons la parole au travers de nos associations, elle pourra être exemplaire en termes de gouvernance et en termes d’efficience.

Certes, des rencontres ont eu lieu, des initiatives ont été prises mais rien de très opérationnels n’a encore émergé à notre connaissance. La Chambre d’Agriculture, avec son Président, Michel Dessus, et son Directeur Général, Eric Collin, fait beaucoup. Les syndicats agricoles et l’association Agribio 06 sont également très actifs. Mais rien de satisfaisant ne pourra se faire sans une forte volonté politique.

L’enjeu relève de l’aménagement du territoire. Des décisions majeures doivent être prises. Des moyens doivent être trouvés.

Il faut changer de braquet pour surmonter les obstacles.

Il faut démontrer la sincérité et l’engagement des décideurs.

Comment entendez-vous concourir à la mise en oeuvre de la politique agricole de l’OIN ?

Le foncier

Comment allez-vous favoriser l’accès au foncier agricole sachant qu’il ne suffit pas de réserver des espaces dédiés à l’agriculture sur un PLU pour y maintenir ou y réintroduire la production agricole ?

Sur quelles procédures ou mesures incitatives entendez-vous vous appuyer pour débloquer les situations (la plus fréquente étant celle du propriétaire foncier en cessation d’activité qui ne veut pas céder son bien au prix du m² agricole en vigueur) ?

L’argent

Comment pensez-vous mobiliser la ressource financière afin d’assurer le portage public du foncier agricole ?

Pensez-vous pouvoir associer le public et le privé dans ce type d’opérations ?

Que peut-on attendre d’un éventuel actionnariat auquel les grandes entreprises qui viendraient s’installer sur le périmètre de l’OIN seraient invitées à participer ?

A-t-on fait l’inventaire des concours européens sur lesquels nous pourrions compter ?

Quelle forme de coopération peut-on espérer établir sur ce sujet avec la Région ?

L’assistance aux entreprises

Comment pensez-vous accompagner l’installation de nouvelles entreprises agricoles ? Comment cette préoccupation s’inscrit-elle dans l’action de la Direction du développement Economique de NCA ?

Allez-vous continuer à soutenir les initiatives de création de fermes des communes, comme à Contes ou à Levens (élevage et production de fromage de brebis) ?

Les productions

Les problématiques sont différentes selon les productions : le maraîchage, l’horticulture, l’oléiculture, la viticulture (vins de Bellet), les plantes aromatiques, les plantes médicinales, l’apiculture, l’élevage.

Chacune de ces productions exige une attention et un accompagnement particuliers. Un projet de développement par filière de production doit-être élaboré. Existe-t-il ?

Le marché

A-t-on exploré toute la problématique du marché ?

Quelle sera la place du MIN dans les années à venir dans le dispositif de commercialisation des produits locaux ? En quoi sera-t-il un atout pour le développement de notre agriculture ?

Le marché de la restauration scolaire est une opportunité, notamment pour le bio. Comment faire en sorte qu’il soit un débouché pérenne pour une production locale mise en capacité de répondre à la demande ?

Comment assurer l’approvisionnement de notre gastronomie locale ?

Ne faut-il pas développer les aménagements appropriés (création de marchés bien placés et agréables dans les villes et les villages) pour favoriser la commercialisation des circuits courts ?

Le tourisme

Comment imagine-t-on valoriser l’image touristique et patrimoniale de l’ECO-VALLEE en développant l’agriculture périurbaine ?

L’innovation

L’innovation est aujourd’hui au coeur de toute réflexion prospective ?

A-t-on enquêté sur les expériences menées ailleurs en France ou à l’étranger dans le domaine agricole comme on l’a sans doute fait sur d’autres sujets comme l’urbanisation, l’énergie, l’assainissement, le commerce ou l’industrie ?

L’histoire, la culture et la pédagogie du développement durable

La Délégation du Patrimoine de la ville de Nice, les Archives Départementales et bien d’autres partenaires n’ont-ils pas leur part à prendre pour mettre en valeur -comme ils l’ont si souvent fait déjà sur maints sujets- l’héritage politique et historique de la domestication du fleuve Var et l’exploitation de ces terres alluviales par ces générations d’hommes et de femmes souvent venus du Piémont ou d’autres régions d’Italie ou du Maghreb ou d’Espagne ou d’ailleurs.

Le chantier

Le chantier, voyez-vous, nous paraît de grande ampleur. Il ne peut être traité sur le mode folklorique voire anecdotique. Le maintien d’une agriculture viable répondant bien aux besoins de la population est un enjeu majeur de l’aménagement de notre territoire.

Il doit être abordé avec le même sens des responsabilités que celui du logement ou de l’emploi.

La Modestie

Nous n’avons pas la prétention d’avoir traité exhaustivement le sujet mais nous sommes certains de n’avoir pas encore entendu les réponses à nos questions.

La Rencontre

Ne désespérant pas de pouvoir vous entendre nous apporter personnellement et de vive voix des réponses et des propositions de coopération, nous vous assurons, Monsieur le Président du Conseil Général des Alpes Maritimes, Monsieur le Président de la Communauté Urbaine de Nice, l’expression de notre parfaite considération,

Michel Gasiglia                                                                                Michel Fouilloux

Vice Président                                                                                 Secrétaire général

chargé de l’aménagement de la plaine du Var

Pour information: la prochaine réunion du collectif OIN Plaine du Var aura lieu le jeudi 6 octobre 2011 à 19H, à la Mairie annexe de la Gaude (salle de la Baronne).