GARIBALDI: UN PROBLEME…

Pour en finir avec Garibaldi:

qu’a t il

réellement fait pour Nice?

Celà fait 150 ans que tout le monde s’accorde à dire que l’histoire de l’irrédentisme Niçois ne peut être séparé de la figure de « Pepin » Garibaldi, l’enfant de Nissa. Sans vouloir remettre en question l’attachement très fort qui unissait l’aventurier et sa ville natale, je me dois de passer pour un iconoclaste aux yeux de beaucoup, en soulignant le rôle ambigu qu’a eu celui-ci tout au long de sa vie de combats.  Garibaldi, le combattant "cocufié"

En fait, cet homme qui s’est battu aux quatre coins de la planète pour la cause des peuples, ne s’est véritablement jamais battu pour son propre peuple. Il a fait des déclarations d’amour à sa Patrie Charnelle, il a protesté parfois, démissionné souvent, mais n’a jamais pris les armes avec ses compagnons de lutte  pour conserver la liberté de sa terre natale.

Si nous y regardons de plus près, sa vie n’a été qu’une longue succession de paradoxes. La seule ligne qu’il ait suivi est celle qui le menait sur un champ de bataille, mais sans fil conducteur perceptible à nos yeux. Il est allé se battre en Amérique du Sud, en Sicile, en France, dans la région de Rome, dans la Lombardie,  mais jamais dans son Pays natal, le Comté de Nice. Il a toujours trouvé les français sur son chemin à Rome et à Nice, et il est allé combattre pour les français du côté de Dijon (seul général vainqueur dans la débacle qui a suivi Sedan en 1870). Il a été d’une fidélité sans faille envers le souverain du Royaume Piémont-Sardaigne, alors que celui -ci se méfiait de lui,  le mettait à l’écart, l’empêchait de s’exprimer, ne tenait pas compte de ses avis, voire le fit arrêter. Il fut élu député dans 3 départements français et il refusa de sièger pour les Alpes-Maritimes (alors que ce put être l’occasion de défendre ses compatriotes).

 

Cet homme est un vrai mystère, car il s’est toujours battu pour ceux qui allaient faire le malheur de son peuple et qui avaient manoeuvré pour que la France annexe le Duché de Savoie et le Comté de Nice.  Il s’est battu partout pour la libération des peuples,  mais n’a pas levé le petit doigt quand on enchaînait le sien. Il était révolutionnaire et républicain et s’est battu pour le Roi de Piémont-Sardaigne et pour l’Empereur des Français. Il a, malgré les services rendus, été ridiculisé à l’Assemblée Nationale Française, et particulièrement, par les députés de droite. Il a, malgré les services rendus, été abandonné de tous et s’est retiré dans l’indifférence coupable de son nouveau pays, l’Italie.

Pour en finir avec Joseph Garibaldi, je dirai que le mythe du grand patriote Niçois est battu en brèche par la réalité historique. Lors des évènements précédant l’annexion  de notre Pays, il était plus préoccupé de servir le Roi de Piémont-Sardaigne, celui qui allait livrer sa terre natale aux français, dans une campagne militaire en Sicile que d’être présent à Nice  avant et lors du scrutin qu’il dénonçait. Ses troupes ne sont pas venues se battre pour défendre le sol Niçois,  injustement livré au petit empereur à l’encontre de toutes les règles du Droit International. Il n’a pas imaginé un instant que son souverain, Victor Emmanuel II,  pouvait abandonner le Comté de Nice et était persuadé que Nice resterait dans le nouveau Royaume d’Italie, en gardant la confirmation des « droits et privilèges » qui furent laissé aux Niçois durant toute leur histoire, c’est à dire garder leur possibilité de décider chez eux ce qui était bon peur eux. Comme beaucoup d’ aventuriers, il n’avait aucun sens politique et on peut dire de Garibaldi qu’il le prototype même du combattant « cocufié ». Giuseppe Garibaldi (1866)

Cependant, nous retiendrons de lui qu’il a été un Niçois courageux, entier et engagé, qui ne recula jamais devant l’ennemi et que sa bravoure était reconnue par tous.  Pour toutes ces raisons, nous respectons l’individu, mais nous regretterons toujours que celui « qui ne voulait pas faire couler le sang Niçois » ait laissé enchaîner son Peuple. Il a mené nombre de combats victorieux, a été salué pour son action en faveur de nombreux peuples enchaînés, mais il lui a manqué le grand combat de sa vie qui aurait pu être l’apogée de sa carrière, celui de la libération de Nice. Place Garibaldi; "Pepin" tourne le dos à la France

Julien  DEMONTFERRAT