Entretien avec…Vincent CALASSI (Nux Vomica)

Nux Vomica…plus qu’un groupe musical…un concept culturel !

 

Nous avons rencontré Vincent Calassi, l’un des deux chanteurs et meneurs du groupe « Nux Vomica » , groupe musical du Pays Niçois qui fait partie du paysage culturel de la jeunesse nissarde. C’est sur les hauteurs de la « noustra bouona vila » qu’il m’a reçu, dans un local associatif, un endroit sympa avec un bar et plein de joueurs de carte juste à côté.

Vincent Calassi

Robert Marie MERCIER: Vincent Calassi, bonjour, merci de nous accueillir ici pour parler d’un groupe qui fait partie du patrimoine Nissart à présent. Un groupe qui a su rassembler autour de lui, non seulement les jeunes, mais aussi les générations suivantes. Quand est né « Nux Vomica » ?

Vincent Calassi: Et, bien, Nux a démarré au début des années 90 à Saint Roch. La naissance a eu lieu dans l’ancien hangar des bus du Boulevard Saint Roch (là ou Peugeot s’installera ensuite), un lieu qui fut occupé par quatre personnes au début:  Pastorelli,  Maubert, Montagné et Biancheri. Ensuite viendront Luc Migliore (qui est décédé depuis) et plein d’autres (dont moi) pour étoffer le groupe de départ. Voilà, donc,  les quatre qui ont occupé ces locaux et lancé l’aventure « Nux Vomica ». Louis (Pastorelli) est toujours là et Maurice (Maubert)  est parti (s’il  n’est plus dans le groupe musical actuel, nous considérons, nous, qu’il fait toujours partie de notre clan). Leur motivation première était de bouger les choses en disant, fort justement: « il n’y a pas de lieu pour les artistes Niçois à Nice ». Ensuite, dans la même envie de faire bouger les choses, ce fut d’avoir un lieu pour préparer un Carnaval traditionnel Nissart dans le quartier Saint Roch. Au départ, ce carnaval c’était énorme et ça correspondait à ce que nous voulions, une fête préparé et animée par les gens du quartier. Nux a été l’initiateur du regain de la vie de quartier qui était en danger dans la société de l’époque (comme elle l’est dans la vie actuelle). D’ailleurs, au départ, ce n’était qu’un concept culturel puisque ce projet avait attiré tout d’abord des peintres et des dessinateurs. Louis et Momo avaient décidé d’aller poser des affiches dans les galeries d’art: affiches qui dénonçaient ce manque criant de locaux dans la ville et annonçant l’ouverture du local de Saint Roch. Ce qui fait que d’autres peintres, dont moi, sont venus s’installer au hangar et le projet a grandi. Et, ce fut un lieu de passage aussi bien pour les artistes que pour la population de Saint Roch. Les gens du quartier venaient en famille voir les peintres et les écoles, également,  venaient visiter le hangar et rencontrer les peintres. Nous avons fait des expos: expos de jour, expos de nuit, c’était vivant. Mais tout cela a eu une fin, le jour ou le propriétaire du lieu a vendu les locaux et que le hangar a fermé. Nous nous sommes, alors, déplacés dans d’autres locaux dans la rue Pie François Toesca, près de la gare Saint Roch, au bout du Boulevard.

R.M.M: Je connais bien ce lieu, c’était l’ancienne usine de mon père et j’y ai cavalé une partie de ma jeunesse. J’en connais tous les recoins.

V.C: Oui, c’était un lieu suffisamment vaste et adapté à ce que nous voulions faire. Et, comme c’était un lieu sympa avec sa petite cour, nous avons occupé la petite usine. D’ailleurs il restait encore quelques vestiges de l’époque ou elle tournait comme certaines machines et des caisses en bois, entre autres.

R.M.M: Les clins d’œil de l’histoire sont quand même formidables !

V.C: Et là, nous nous sommes retrouvés les quatre peintres qui avaient le plus d’affinités: Louis Pastorelli, Maurice Maubert, Thierry Lagalla et moi.  Nous étions toujours dans la peinture mais déjà l’expérience musicale germait en nous. Nous avions rencontré « Massilia Sound Système » et nous nous rendions compte que la peinture comme moyen d’expression resterait limitée à un cercle plus restreint que la musique. En fait, nous voulions élargir notre mode d’expression à la musique tout en continuant à peindre. Ce qui a été le facteur déclenchant de la création du Groupe « Nux Vomica » a été notre première prestation sur le char de Ben « La Ratpinhata » pour le Carnaval. Ensuite, on peut dire que le groupe a existé, groupe composé au départ de nous quatre avec en plus la femme de Thierry. Notre première production a été Liberà Jacquou ! qui nous a fait connaitre. Ensuite, il y a eu d’autres musiciens qui sont passés dans le groupe sans y rester longtemps. Le groupe a, donc, eu une composition variable dans le temps et cela doit faire cinq, six ans que nous sommes dans la forme actuelle, celle qui a le plus duré, en fait. Nous avons commencé l’aventure musicale en 1994 et au début, après avoir rencontré « Massilia Sound Système », nous avons ensuite rencontré les « Fabulous » de Toulouse et d’autres groupes musicaux du Sud-Ouest. Nous avons cherché à nous inspirer de tous les groupes de la même mouvance que nous, ces groupes qui cherchaient l’authenticité de la musique et des langues enracinées un peu partout.

Les débuts de Nux Vomica

R.M.M: Il est vrai que nous sommes en retard par rapport à beaucoup d’autres régions dans le domaine artistique contemporain, mais il est juste de dire que c’est un peu normal dans la mesure ou nous sommes les derniers à avoir été colonisés alors que d’autres patries charnelles se battent pour leur culture depuis déjà pas mal de temps.

V.C: C’est vraiment quelque chose d’important pour moi que de me battre pour cette ville que j’aime charnellement même si je ne suis pas né à Nice et que j’y suis venu très petit. A la maison, mes parents ne parlaient pas le Nissart mais le patois de chez eux en Sicile (ce qui fait que je comprends leur patois mais, comme c’est la tradition orale qui permet la transmission des langues avant tout, je ne comprenais pas le Niçois)…et pourtant, je me sens Niçois, je me veux Niçois et c’est cette ville que j’aime et que je veux défendre.

R.M.M: Mais toute l’histoire de Nice et du Comté s’est construite comme cela, en intégrant des gens qui venaient chez nous, aimaient notre pays, apprenaient sa langue et le défendaient parfois même mieux que certains Niçois de souche lointaine.

V.C: C’est vrai et c’est pourquoi ma ville c’est Nice et c’est une véritable histoire d’amour entre nous. Et c’est pourquoi je me suis investi dans la culture de mon pays et que je ne veux pas que quiconque essaie de l’étouffer ou de la détruire.

Vincent Calassi

R.M.M: Et c’est pourquoi, aujourd’hui votre discours au niveau du répertoire est très enraciné dans la ville: il parle de se quartiers, des ses problèmes, de la vie des gens, du « Gym » élément fédérateur ici…

V.C: Oui, tout cela est vrai et nous continuons ce que nous avions fait au départ dans un quartier, Saint Roch, en l’étendant à toute la ville ou à tout le Comté.  Mais surtout, c’est une histoire d’amitié et de partage. Et c’est pour cela que nous avons tenu. Au départ, nous n’étions pas musiciens, il y avait des créateurs comme Louis, mais nous n’étions pas de grands musiciens. Nous avons rencontré des groupes avec de super musiciens mais comme il n’y avait pas le ciment de l’amitié dans ces groupes et bien, ils n’existent plus.  Mais notre amitié et les valeurs que nous avions en commun ont fait que nous avons traversé des périodes difficiles ensemble et que nous les avons surmontées. Et, pour nous, les rapports humains sont très importants. Il y a un véritable besoin de pouvoir se rencontrer quelque part, car, comme je vous le disais au début de cet entretien, c’est parce qu’il n’y avait rien pour se rencontrer que nous avons démarré cette aventure. C’est pour cela que nous avons ensuite lancé le Carnaval de Saint Roch. Nous avons lancé cela et rapidement ce fut un succès: 2000 personnes sur le Boulevard Saint Roch, sans autorisation de la police…mais quand les policiers voyaient venir cette foule, ils n’allaient pas l’arrêter, ils la canalisaient car ils voyaient bien que tout se déroulait dans une ambiance bon enfant, ils détournaient les bus et veillaient à la sécurité. Le but était que les gens du quartier viennent et participent à la préparation de la fête et à la fête elle même.  Nous voulions que les gens du quartier en fassent leur fête et que chacun apporte ce qu’il pouvait. Mais, au bout d’un certain temps, nous avons laissé tomber car, par la suite, il y a plein de gens qui sont venus et qui ne respectaient pas l’esprit de cette fête populaire, ils ne respectaient pas le quartier, ils ne respectaient pas les gens du quartier…à partir de ce moment là, nous avons estimé que l’esprit de ce Carnaval avait été trahi et nous somme partis…comme nous étions venus…sur la pointe des pieds. Bien sûr, nous étions contents d’inviter des gens venus d’ailleurs pour participer, mais il fallait respecter les lieux et les gens, et, malheureusement, au bout d’un certain temps ce ne fut plus le cas. Nous avons eu un problème identique quand nous avons organisé des repas de rue avec les gens de Saint Roch. Le principe de ces réunions conviviales étaient de se rencontrer autour d’une table et de partager. Chacun venait et apportait quelque chose, mais, ensuite, il y a eu des gens qui venaient chaque fois profiter. Alors, que la première fois tu viennes et tu n’amène rien, bon, on peut penser que tu ne savais pas…mais ensuite, et c’étaient toujours les mêmes, venir les fois suivantes se gaver sans apporter quelque chose était insupportable à la longue.

R.M.M: C’est, hélas, la mentalité de la société actuelle qui a détruit les communautés humaines en atomisant la société pour n’en faire qu’un magma informe d’individus égoïstes.

V.C: Oui, nous le savons mais de tels comportements nous choquaient. C’est pourquoi nous avons fini par nous retirer de cette organisation.

R.M.M: En revanche, c’est vrai que ce besoin de se retrouver, de partager, de se rencontrer est très présent encore aujourd’hui  et, à cet égard, il y a plein de nouveaux lieux propices aux rencontres qui voient le jour. Il y a des cafés associatifs, des boutiques bio et surtout la « Maïoun Courturale Nissarda« …Lou Trident qui maintenant est opérationnelle et devient un vrai lieu de rencontre pour la mouvance culturelle Nissarde. Vous avez dû y aller déjà.

V.C: Non, je n’en ai pas eu l’occasion. Louis m’en avait parlé et m’avait dit de venir pour les représentations de « l’Estra-Presepi », mais je n’ai pu me libérer.

Estra Presepi: Dotti, Maubert, Pastorelli

R.M.M: Et bien, il faut y aller à présent pour que ce lieu vive. C’est très convivial, il y a le bar, les amis et les idées…Je pense que « Nissart per tougiou » a fait du bon boulot.

V.C: Oui, c’est sûr, il faudra que j’aille y faire un tour, parce qu’en fait c’est mon rêve qu’il existe un  lieu ou on puisse venir dès qu’on le peut pour rencontrer chaque fois des gens différents et retrouver aussi les amis autour d’un « gotou ».

R.M.M: En plus, cela ouvre de nouvelles perspectives pour des créations. Il y est prévu des cours de cuisine (couina nissarda), des cours de danse (avec les Casagrande du Rauba Capéu), des cours de fifres, et autres projets à venir.

V.C: C’est vrai, c’est une très bonne initiative…et je vais y passer.

R.M.M: Revenons à nos moutons, combien d’album sont sortis de l’imagination féconde de « Nux Vomica » ?

V.C: Bon, le premier que nous ayons sorti a été « Liberà Jacquou ! » qui était un deux titres en 1994. Ensuite, il y a eu une compilation avec « Massilia Sound Système » et  plein d’autres groupes (certains ont d’ailleurs disparu depuis). En fait, au début, comme nous n’étions pas musiciens, Louis et moi on composait des paroles et on jouait sur du son enregistré (en fait, c’était le son de Massilia). Nous étions simplement une bande de copains et nous voulions nous exprimer sur de la musique, sans savoir en jouer. Un peu plus tard les vrais musiciens sont venus. Puis ce fut le premier véritable album « Nissa Independent », suivi de « Carneval Nissart » et en dernier « Nissa Pernambuco« . En fait, nous avons sorti 3 véritables albums à ce jour.

Nissa-Pernambuco

R.M.M: Un quatrième en vue ?

V.C: On a commencé à y travailler, mais pour nos disques l’accouchement est difficile parce que chacun d’entre nous a des occupations diverses d’aqui, d’aïa et comme pour faire un disque il faut libérer du temps… Xavier a tout plein de choses à faire avec ses spectacles de conteur et son groupe de fifres, Louis a passé un moment à mettre au point le disque qu’il a sorti « Gigi de Nissa »

R.M.M: Oui, j’aime d’ailleurs bien son disque qui nous ramène à une ambiance que nous avons connu, qui nous ramène à notre jeunesse (mais je compte bien faire un entretien avec Louis pour parler de ses différentes activités). Quant à Xavier, dont nous apprécions ce qu’il fait, nous allons le voir très bientôt.

V.C: Et puis, il y a aussi le bassiste du groupe qui joue avec d’autres formations…mais, il faut le dire, qui donne toujours la priorité à Nux.

R.M.M: Parlez moi un peu de vos spectacles.

V.C: Nous répondons présent chaque fois que l’on fait appel à nous parce que les occasions de jouer chez nous sont rares. Nous avons eu cependant, cette année, deux dates importantes que sont « Lou Festin dau Pouort » et  « Lou Festin d’Aqui ». Il faut dire que le succès était au rendez vous avec un monde pas possible. Mais, j’ai été étonné de ne pas voir de promotion faite par le canard  local pas plus que de compter rendu de ce succès (à part 1/4 de page): on n’annonçait pas qui se produisait, pas de promo digne de ce nom et un compte rendu qui parlait surtout de la bouffe des grands chefs (c’est bien et je n’ai rien contre les grands chefs) mais très peu de la foule immense qui se pressait au pied du podium des groupes Nissart. A tel point que je me demandais, si ce n’était pas moi qui était « parano ».

Concert de Nux Vomica

R.M.M: Non, vous n’êtes pas « parano », c’est la réalité et les journalistes qui ont relaté le déroulement de la soirée ont fait un papier digne des « chiens écrasés » (que la SPA me pardonne) et n’ont même pas mis les bonnes légendes au photographies (la photo de « Lu Rauba Capéu » avait une légende qui les présentait comme un groupe anglo-saxon). D’ailleurs, la plupart du temps, Nice Matin annonce les manifestations soit trop tard pour que l’on puisse s’y rendre soit quand elles sont passées.

V.C: On a l’impression que la culture niçoise est occulté par le monopole de presse. Parce que ce qui se passe au Port, n’est pas unique. Nous faisons, par exemple, le carnaval que nous appelons « Banda Nux Vomica » lors duquel les gens défilent derrière la bannière « Banda Nux Vomica » , nous on joue et les gens dansent…et la femme de Louis qui donne, elle aussi de cours de danse entraine  tout le monde. On part de Saint Roch, on traverse le Vieux Nice et ensuite on se disperse.

R.M.M: Mais, il faut le faire savoir quand il y a des manifestations de ce genre. Nous nous ferons un plaisir Pole et moi de passer l’information dans la page mensuelle « Courtura Nissarda ». Parce que c’est exactement ce que nous recherchons: le retour à l’authenticité et à la fête populaire. Cela me révolte qu’à Nice lors du Carnaval officiel on soit bombardé de musique techno: quand on va au Carnaval de  Venise, ce n’est pas pour écouter de la musique techno mais de la musique italienne (que l’on s’entende bien, je n’ai rien contre la musique techno, mais elle n’a pas sa place dans un carnaval traditionnel), quand on va à Rio c’est pour entendre de la samba. de la même façon je suis outré que l’on fasse je ne sais combien de soirées sur la Prom’ pendant l’été et qu’il n’y ait pas une soirée ou les groupes Niçois puissent se produire…alors que l’on va faire cadeau de 250.000 € pour la soirée des « Bobos parisiens…les Guetta ».

V.C: Oui, d’ailleurs lorsque nous avons été invité sur le char de Ben à l’époque nous ne chantions que des chants Niçois et nous avions cette impression d’être en phase avec cette vieille fête traditionnelle du carnaval Niçois. Maintenant, avec la « Banda Nux Vomica » on voudrait revenir à ce côté enraciné de notre « Carneval », à cet aspect fête de village, parce que nous sommes tous du coin et nous avons grandi là. C’est notre village.

R.M.M: Je connais bien cet aspect du village de Saint Roch parce que j’y trainais souvent, mon père ayant son usine dans votre futur squat. Mais, si j’ai un attachement particulier pour le, Port, c’est que j’ai grandi dans ce quartier du Port et si nous en sommes parfois parti (ma mère avait la bougeotte) nous y sommes toujours revenu (même si je ne suis pas né au Port même mais Carriéra de Fontan).

V.C: Et bien c’est cet aspect village que nous voudrions conserver: un endroit ou les gens se connaissent, communiquent et s’entraident. Et un endroit ou on fait la fête en y participant, non pas en regardant simplement un spectacle de façon passive. L’apport des instruments de musique, que nous n’avions pas au début, nous a bien aidé pour entraîner les gens dans la fête. C’est vraiment ce que nous avons toujours recherché.

R.M.M: Mais, alors , pourquoi, n’avoir pas multiplié ce genre de fête dans tout le Comté ?

V.C: Comme vous le disiez tout à l’heure, rien n’est fait, ici, pour favoriser de telles initiatives. Nul n’est prophète en son pays…

R.M.M: …c’est exactement ce que me disait Michel Bianco dernièrement…

V.C: …ce qui fait que nous sommes souvent allé jouer dans le Sud-Ouest. Parce que là bas le sens de la fête est très développé.

R.M.M: C’est tout a fait mon analyse…Nice est trop policée, Nice ne sait pas faire la fête, parce qu’on ne laisse pas les Niçois faire la fête. La vraie fête qui rassemble des gens qui ont envie de participer à un moment unique pas ces fêtes aseptisées ou on paie très cher pour s’abrutir sur de la musique formatée et ou les gens s’amusent tellement qu’ils finissent par se bourrer la gueule…mais au moins, tout est bien…ils ont consommé et ont dépensé des sous.

V.C: Oui, c’et vrai et c’est ce qui a fait que nous sommes allé ailleurs. Et dans le Sud-Ouest comme dans le Piémont (nous avons été invités par « Lou Dalfin »), On nous présentait comme une nouveauté musicale. Mais, surtout, nous étions dans le ton avec eux, qui voulaient faire la fête.

R.M.M: C’est vrai que cela doit être valorisant (pour ne pas dire autre chose: b……) de voir le public participer à la fête et danser. A cet égard, cette année aussi bien au « Festin d’Aqui » qu’au « Festin dau Pouort » nous avons été servis.

V.C: Ce qui est formidable, c’est que cela nous entraine à aller vers le public, à partager avec lui. Nous, nous avons du mal à parler aux gens, nous avons une certaine réserve (comme vous avez pu le remarquer) et quand on voit tout ces gens qui bougent et sont véritablement avec nous, cela nous aide à aller vers eux. Et, ce qui nous plait c’est la notion de partage mais surtout un partage entre toutes les générations.

Nux Vomica

R.M.M: En fait, on renoue par là avec le lien communautaire qui s’était distendu dans les sociétés modernes.

V.C: La musique et la danse permettent de réunir toutes les générations parce que quand ce lien intergénérationnel est rompu, c’est alors que l’on voit apparaitre les conflits. C’est pourquoi, il est important au niveau des villages de retrouver des liens communautaires. Cela permet également de transmettre, suivant la tradition orale de notre pays, la culture, c’est à dire la langue et la musique. Et, c’est au travers des musiques attachées à un terroir, musiques ayant su évoluer certes,  que l’on peut réunir alors que les musiques modernes ne font que diviser … les jeunes et les vieux, les enfants et les parents, les femmes et les hommes… alors que rassembler les générations, il n’y a rien de plus beau. Quand je vois des enfants apprendre certaines danses, jouer de certains instruments ou entonner certaines chansons du pays ou ils vivent, je me dit que rien n’est perdu pour l’avenir et que ces enfants là, seront mieux armés avec leurs racines que toutes les jeunesses déracinées que produit le monde moderne.

R.M.M: Vincent, je vous avoue que nous attendons avec impatience la sortie du prochain album de « Nux Vomica ». En attendant, nous conseillons à nos lecteurs d’aller acheter vos albums dans les bacs et de se rendre sur votre site. Je vous remercie de cet agréable moment passé à converser sur toutes ces choses qui nous rassemblent.

Le Groupe « Nux Vomica » est aujourd’hui constitué de Vincent Calassi, Louis Pastorelli,  Xavier Borriglione, Cedric Ledonne, Patrice Taboni   , Manu Cacérès avec la participation ponctuelle de Maurice Maubert   et à la technique Djé « Ragapero » Fantino aidé de Julien Fernois.