2010: 150 ans de mensonges!

En cette année 2010, certains politiciens se démènent pour célébrer les 150 ans du « rattachement » (sic) du Comté de Nice à la france en 1860. Ils nous présentent cela comme une grande avancée pour notre Peuple Nissart qui, tout le monde le sait bien dans le Landerneau parisien, sont tous des attardés incapables de se gérer eux mêmes. Heureusement, la France est arrivée, la France civilisatrice, la France généreuse, pour sortir ces indigènes de leur ignorance. Fort des résultats favorables d’un plébiscite, ne souffrant aucune contestation, mis en avant par la nouvelle puissance occupante du Païs Nissart, les français venaient nous apporter la civilisation. Qu’en est il de ce tableau idyllique ? Et bien, tout cela n’est que mensonge et nous n’acceptons plus le discours des vainqueurs d’alors.Lou Countéa de Nissa La vérité est que les souverains Savoyards , à qui nous nous étions dédiés en 1388 pour nous protéger, déjà, des visées de la france sur notre Pays, voulant se tailler un royaume sur mesure dans les territoires de la future Italie, ont trahi leur Peuple et ont commis la forfaiture de mettre Nice dans la balance des négociations, ce qu’ils n’avaient pas le droit de faire: en abandonnant leur souveraineté sur le Comté de Nice, celui ci devait recouvrer son état antérieur. Celui d’un état indépendant: car il faut savoir que le Païs Nissart a une histoire plus que millénaire et surtout bien antérieure à celle de la France et de la Provence. Alors que la France n’existait pas encore, que la Provence n’existait pas en tant que telle (elle était intégrée à la grande province de la Narbonnaise), le Païs Nissart était, sous le nom (déjà) d’Alpes Maritimes, une Province de l’empire  Romain (succédant, quant au rayonnement local, à l’antique Cité de Nikaïa fondée par des Grecs). Cette province connaîtra un développement important, sur la route de Rome (le trophée d’Auguste à la Turbie en atteste), avant que le déclin de l’Empire Romain et le danger des barbares fasse que cette capitale  se replie sur le Rocher du futur Château.  Nice et le Païs Nissart, qui feront partie des différents Empires qui se succéderont en Europe au gré de l’Histoire (Charlemagne, Charles Quint, Saint Empire Romain Germanique) conservera toujours ses libertés et ses privilèges, ce qui sera le cas durant la période ou nous étions partie prenante des Territoires des Savoies. Puis, vint le temps des trahisons avec les marchandages entre Nabot-Léon III et le triste sire Cavour qui organisèrent, appelons un chat un chat, l’annexion du    Comté de Nice (Countéa de Nissa) par la France. Au moment du référendum organisé en 1860, les troupes Sardes (y compris les officiers Niçois de ces troupes) avaient été rappelées à Turin, les troupes françaises étaient déjà là au moment du scrutin, de nombreux électeurs (qui paraissaient peu dociles) furent éloignés de Nice, certains territoires qui ne faisaient pas partie du Comté (et devaient, de toute façon, rester en Italie) votèrent, et, comble du comble, on avait oublié d’imprimer des bulletins NON.  Ce « plébiscite » dont se félicitait l’empereur des Français, fait, que les élections d’aujourd’hui en Afghanistan paraissent plus démocratiques que lui. Mais, une fois le forfait accompli, que nous amena la France? Rien,et on nous dépouilla de beaucoup de choses. La Cour d’appel de Nice fut supprimée,  l’Université de Nice (qui faisait partie de la vieille université de Turin) fut supprimée et il nous fallut un siècle pour retrouver un embryon d’Université à Nice, notre Port franc fut supprimé, etc…. La France amena ses soldats pour occuper notre Pays, elle imposa sa langue (en interdisant de parler Nissart), elle fit migrer des populations françaises vers sa nouvelle « colonie », elle nous apporta l’avantage d’aller faire tuer des Niçois dans des guerres qui ne les concernaient pas (trés vite avec le désastre de Sedan en 1870, dont le seul avantage fut de chasser Nabot-Léon III), elle apporta ses lois et les taxes et impôts qui vont avec, la liste n’est pas exhaustive. Nous fûmes englobé dans un département créé de toute pièce avec des Nissarts d’un côté et des Provençaux de l’autre, puis intégré dans une région sans identité au nom ridicule (PACA) sous la tutelle de Marseille: Nice, qui était devenue la 5° ville française pour les statistiques, n’avait même pas le statut de capitale régionale, là ou d’autres villes de moindre importance l’étaient. Et depuis, l’Etat français ponctionne notre Pays sans qu’il y ait quelque de chose de tangible en retour, Marseille et la Région ponctionnent Nice sans reverser le tiers de ce qu’ils nous prennent. Le développement des structures de transport, routières ou ferrées, est mis en sommeil. L’égalité inscrite au fronton des mairies de l’état occupant n’est qu’une formule creuse lorsqu’il s’agit de notre Païs Nissart. Voilà la réalité aujourd’hui. Il est, donc, bien malvenu de la part de certains élus plus préoccupés de leur carrière dans les Palais de la république française que du devenir des habitants de notre Pays, de vouloir célébrer, avec l’argent du contribuable Niçois, en pourrissant la vie quotidienne de ceux ci par des travaux qui s’éternisent, l’anniversaire de cette triste date. Quand ils se félicitent de leur position auprés des dirigeants les plus haut placés du pays occupant, que n’en profitent ils pas pour faire passer les dossiers auxquels sont attachés les Niçois ( cour d’appel à Nice, autoroutes urbaines gratuites, désenclavement autoroutier et par voie ferrée de notre territoire…)? Alors, aujourd’hui, nous disons Basta, nous ne fêterons pas le « rattachement » mais nous continuerons à dénoncer l‘annexion dont a été victime notre Peuple et notre Pays en 1860. Giuseppe "Pepin" Garibaldi Comme les autres Nations sans état, la Corse, le Pays Basque , la Bretagne, la Catalogne, la Savoie,et d’autres, le Pays Niçois  (lou nouostre Païs Nissart), ne veut plus de cet état jacobin centralisateur pour régenter la vie chez nous. Nous voulons, dans le cadre de l’Europe, que les Peuples récupèrent leurs souverainetés avec des Etats autonomes dans une Europe fédérale. Garibaldi disait: « je ne suis ni Français , ni Italien, je suis Niçois ». Nous disons, aujourd’hui: « Nous sommes Niçois et Européens« .                                             

Robert Marie MERCIER